Le cœur de Dieu pour le mariage (divorce et remariage)

Marc 10 est l'un des chapitres de la Bible où Dieu nous laisse entrevoir son cœur pour sa précieuse création qu'est le mariage. En citant le récit de la création aux versets 6 et 7, Jésus rappelle l'intention de Dieu: unir en une seule chair, pour la vie, un homme et une femme.

Ce chapitre de l'Évangile de Marc nous laisse entrevoir 2 éléments structurels importants; des lois qui montrent le cœur du plan de Dieu pour le mariage. Mais aussi, comme la deuxième face d'une pièce, 2 conséquences du cœur mauvais de l'homme.

2 conséquences du cœur de Dieu pour le mariage: ni dissolution, ni recollage

Mc 10.6-9 établit premièrement comme conséquence du projet de Dieu l’indissolubilité de l’union. En d’autres mots, notre bien connu « divorce » n’est pas l’intention première de Dieu. Dieu ne désire jamais que là où la colle a pris nous tentions de déchirer.

Seconde conséquence de l’union dans le plan parfait de Dieu en Mc 10.11: là où il y aurait désunion, le recollage n’est pas non plus une bonne idée, parce qu’il offense d’autant plus le créateur. Épouser un(e) autre, c’est commettre un adultère, tout simplement parce que si le lien qui unit 2 époux peut, de nos jours, être légalement rompu; il ne l’est pas aux yeux du créateur.

Par conséquent, le célibat devient une sérieuse alternative à envisager. La décision de s’unir n’est pas à prendre à la légère. De même que l’idée de commencer ce qui constitue le mariage sans en être officiellement un, relations sexuelles comprises.

Mais en lisant ces courtes lignes, avez-vous pensé aux exceptions? C’est l’une des 2 erreurs que commettent les ennemis de Jésus en Mc 10.2

2 erreurs liées au cœur mauvais de l’homme

La première erreur visible dans ce texte, c’est l’intérêt des pharisiens pour le sujet du divorce. Un mot qui ne devrait même pas faire partie de notre vocabulaire d’après ce qu’on vient de voir est devenu, pour eux, un centre d’intérêt. Au-delà de la possibilité de piéger Jésus politiquement (10.1) et théologiquement, ils démontrent la profonde distance qui existe entre le cœur de Dieu et le leur.

Seconde erreur qui témoigne de la dureté du cœur de l’homme dans les versets qui suivent (Mc 10.4): leur lecture sélective des Écritures. Lorsque Jésus leur pose la question « Que vous a prescrit Moïse? », ils ne répondent pas par ce qu’ils connaissent de l’intention de Dieu dans le 1e livre de la Torah. Ils tentent plutôt de soutenir leurs propres pensées en allant chercher des paroles au fond du 5e livre de Moïse. L’important pour eux n’est pas de chercher le cœur de Dieu, et les conséquences désastreuses du péché liées au cœur mauvais de l’homme ne les touche plus. Leur cœur est endurci.

Voici une pierre de base sur le sujet du mariage que nous observons en Marc 10.

Puissions-nous rechercher et chérir le cœur du plan de Dieu concernant l’union d’un homme et d’une femme. Plan qui le glorifie en même temps qu’il nous comble. Reconnaître la dureté de notre cœur et notre besoin d’en avoir un nouveau; cœur de chair où la volonté de Dieu est inscrite.

Franck Godin

Disciple de Jésus, Franck est marié à Flavie. Ils ont 4 enfants. Après un cursus à l'Institut Biblique de Genève, Franck et sa famille ont rejoins une implantation à Toulouse. Franck a aussi le soucis que les graffeurs entendent l'Évangile avec GospelOnWallz.

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  • François

    Merci pour cet article Franck, j’y vois encore une fois combien le cœur de l’homme est tortueux par-dessus tout (Jer 17:9). On cherche à justifier nos actions avec quelques versets bibliques si besoin pour arriver à ses fins.

  • Julie

    Merci oui !
    Heu… mais si jamais vous avez le temps… je vous encourage de le prendre pour écouter le message de Erik Benevolo sur ce ‘thème’ (à voir sur Tésor Sonore : tresorsonore.com/fiche-13491.html, « La sexualité 1/3 Au commencement »)
    Bonne continuation et merci !

  • Philippe Pasteur

    bonjour Franck.
    pleinement en accord avec l’écriture.
    pour ma part je ne conçois pas d’autre chemin que le mariage indissoluble, ou le célibat après la rupture de l’alliance que nous avons contracté.
    mais comment agir vis à vis des faibles dans la foi qui finiront soit par se séparer de l’église soit par vivre dans la débauche si on leur ferme la porte d’un autre mariage??

    • Franck

      Cher Philippe,
      Merci pour cet échange intéressant qui, j’espère, servira à d’autres.
      Il me semble que la réponse est dans le problème que vous exposez:en se livrant au péché ou en quittant l’assemblée, ces personnes ne montrent pas qu’elles sont « faibles dans la foi » mais seulement qu’elles n’ont, en réalité, jamais été des nôtres (1 Jean 2.19).
      À on sens, nous rendons un fier service à ces personnes de ne pas les laisser s’illusionner qu’ils sont en Christ. Qu’en pensez-vous?

      • Philippe Pasteur

        bonsoir Franck

        je partage à moitié.
        effectivement on peut proclamer que ceux qui se trouvent dans la situation d’un remariage ne sont pas chrétien.
        mais hormis cette « pirouette » que répondre à un époux ou une épouse bafoué, humilié et abandonné qui après un temps d’épreuve voudrait se remarier??

        • Laurent

          Bonjour ! Un peu de perplexité pour ma part : je ne vois pas comment on
          peut parler de la question du mariage/divorce en se basant uniquement
          sur le passage de Marc. Si l’approche est thématique on ne peut pas
          occulter les textes parallèles, l’apport de Paul et les passages de
          l’AT. D’autre part, pour moi il y a un autre déséquilibre dans l’article
          : si Franck met en avant l’aspect juridique où est passé l’aspect
          pastoral ? En disant qu’il ne faut pas divorcer on à tout dit et on n’a
          rien dit. Que fait-on avec les personnes qui ont divorcé ? Et pour les
          personnes qui viennent à Christ après un divorce voire deux et qui sont
          maintenant mariées, vivent-elles toujours dans l’adultère ? Que doit-on
          leur dire ? Et on pourrait rajouter bien des exemples auxquels nous
          serons de plus en plus confrontés.
          Pour finir, je trouve un peu
          téméraire de parler de « faibles dans la foi » ou « qu’ils n’ont jamais été
          des nôtres ». Diriez-vous la même chose d’Abraham, de David, de Salomon,
          …et de tant d’autres qui été tous polygames au minimum ? Le mariage
          polygame est certes « validé » par Dieu puisque Ex 21.10 (par exemple)
          légifère sur la question mais Jésus (« un homme et une femme ») et Paul
          (1Co 7.2) nous rappelle qu’en aucun cas c’était l’intention première de
          Dieu. Et le polygame n’est-il pas adultère par définition ? On peut se
          poser la question.
          Or il me semble (mais on peut en discuter) que la
          polygamie est tolérée sur la même base que le divorce : la dureté du
          coeur de l’homme ou pour être plus simple : le péché. Ce qui ne signifie
          pas qu’il faut tout accepter sous prétexte que de toute façon, nous
          sommes « pécheurs » et ce n’est donc plus à un péché près … mais qu’il
          faut mettre un peu de grâce dans son vin et que le « mariage/divorce »
          n’est pas qu’une question de concept et de verset mais la plupart du
          temps de vies brisés, de familles déchirées, de dépressions, voire de
          suicides, … même dans les milieux chrétiens. Alors on peut toujours
          dire « qu’ils n’étaient pas des nôtres » mais on peut sans doute faire
          mieux !

        • Franck

          Cher Philippe,
          Remarquez bien que je n’ai jamais soutenu l’idée qu’être remarié est la preuve d’une fausse foi. Dans Marc 10.1-12 Jésus nous montre simplement que la volonté initiale de Dieu est toute autre.
          Pour vous répondre, je pense que chaque cas pastoral doit être « étudié » au cas par cas par une autorité bienveillante de l’Église locale. C’et la dureté de nos coeurs qui implique les complications pastorales. C’est dans cette optique qu’il nous est nécessaire d’entendre le battement de coeur de notre Dieu pour sa création qu’est le mariage. Si nous apprenons à chérir son bon plan pour l’homme et la femme, nous fermons la porte à de futures complications, n’est ce pas?

          Merci pour vos réactions

  • Paul

    Bonjour,

    Je rejoins le commentaire de Laurent Robitzer sur le fait qu’il ne me semble pas sage de traiter cette question du mariage et du divorce à partir de quelques versets de Marc et dans un article si court posté au grand jour sur Internet, la question est bien plus complexe que cela. Que faire des autres passages qui traitent du mariage ? Du divorce ? Du cas l’adultère ?

    Si je trouve un endroit où le cœur humain est bien dur, c’est bien dans les lignes de cet article. Où est la grâce ? Si le mot divorce ne devrait « même pas faire partie de notre vocabulaire », alors bien d’autres mots devraient en être absents : mensonge, orgueil, cupidité… lorsque nous chutons sur l’un de ces derniers points qui ne font pas partie du projet de Dieu, est-ce pour autant que nous sommes disqualifiés et rejetés devant Dieu ? Est-ce pour autant que le sang de Christ ne peut pas nous couvrir et nous permettre de se relever et de repartir de l’avant avec lui ? De même, si un couple a malheureusement été amené à divorcer – ce qui n’est pas dans le projet de Dieu pour nous nous sommes d’accord-, est-ce pour autant que les deux sont condamnés à ne pas pouvoir se relever et à rester dans le célibat ? Où est alors la grâce ? Comment également inclure à un côté pastoral à ces questions ?

    Notre Dieu est un Dieu de justice, un Dieu saint et également un Dieu d’amour et de grâce, un Dieu qui sait relever les faibles et ceux qui ont chuté. Sans cela, aucun d’entre nous ne serait encore là.

    • Franck

      Bonjour Paul,
      Libre à vous de penser que Marc, inspiré par l’Esprit Saint, n’a pas été « sage » (un peu étrange de le dire comme cela).
      Je comprends votre réaction, que je partage en partie. Que pensez-vous du fait qu’aucune exception n’est abordée dans ces 12 versets? Pire, que ceux qui abordent ce terrain sont justement le contre-exemple?
      J’ai personnellement découvert, dans cette section radicale de l’Évangile de Marc, au travers de l’étude de ce texte, au contraire, un grand avantage pastoral; celui de « poser une pierre de base » comme dis en conclusion. L’article n’a jamais eu la prétention de vouloir faire le tour de la question en mode thématique. Comprenez-vous?

      Cher Paul, pardonnez ce qui, dans la forme, a pu vous heurter, mais comprenez bien que « la grâce » n’est ni le piège du légalisme, ni celui du laxisme que nous avons plus souvent tendance à squeezer me semble t’il. Le pardon de Dieu ne peut pas être une excuse pour la licence; nous sommes morts au péché (Ro 6.1,2)

      Merci pour votre participation Paul