Comment libérer les captifs de Satan?

Il y a urgence: d’après la Bible, certaines personnes sont tombées dans les pièges du diable qui les a capturées; il s’est emparé d’eux (2 Tim 2.26)! Les définitions des mots risquent de nous brusquer, mais nous avons besoin d’en savoir plus pour mieux servir Dieu.

C’était l’objectif de l’apôtre Paul quand il a écrit depuis sa prison à Timothée, son enfant dans la foi. Si Timothée veut pouvoir survivre dans son milieu devenu hostile à la Bible, il doit être au courant de ces choses. Observons les recommandations et l’expérience de l’apôtre dans la section (2 Tim 2.14-3.9).

 

À quoi ressemble une personne capturée par le diable?

Les mots sont forts: « profane », « impiété », « querelles », « contradicteurs », « soumis à la volonté du diable ». Mais soudainement, en y regardant d’un peu plus près, on se rend bien compte qu’ils décrivent un portrait plutôt commun qui en fera frémir plus d’un, mais rien à voir avec nos films fantastiques.

Un captif de Satan, selon Paul, c’est quelqu’un qui contredit (2 Tim 2.25), il est dans l’erreur (2 Tim 2.26) parce qu’il s’est écarté de la vérité de l’Évangile (2 Tim2.18). Le décor est planté dans le discours de Paul: « vérité » revient au moins 6 fois. C’est sa définition. Le captif de Satan, c’est celui qui croit des mensonges. Il déshonore Dieu, mais il n’a pas besoin de blasphémer pour ça, il lui suffit d’ouvrir la bouche; puisqu’il le connaît mal et il le fait mal connaître autour de Lui.

Satan est le prince des ténèbres et il a établi son royaume de ténèbres dans les esprits humains, en les gardant dans l’ignorance de Dieu.

(J. Owen – La gloire de Christ)

Un captif ne se rend pas forcément compte de son état, mais il sait au minimum qu’il n’est pas d’accord sur certains points de la foi avec d’autres. D’où la question: se pourrait-il que je sois moi-même « capturé » par le diable? Peut être faudra-t’il que j’observe plus attentivement les sujets sur lesquels je suis en désaccord avec les autres chrétiens ou plus sérieusement mes responsables, l’Histoire de l’Église, l’Écriture?

Peut-il être chrétien?

Par définition, non. Paul dit que le prisonnier du diable ne se repent pas. D’autres versions diraient « il ne se convertit pas » (2 Tim 2.25). Mais attention, cela ne l’empêche pas d’affirmer le contraire (2 Tim 3.5), il ne se présenterait certainement pas comme un « suppôt de Satan ». Les captifs existent donc bel et bien dans nos Églises aussi.

Deux exemples de captifs

Paul prend soin de parler de situations précises pour illustrer. Il parle d’abord de 2 hommes, Hyménée et Filète (2 Tim 2.17,18). Mis à part leurs noms, ils doivent nous sembler tout à fait normaux. Cependant, ils affirment un mensonge à propos de la résurrection. Si on voulait actualiser le débat, on dirait qu’ils vivent dans le futur, ils ont une « spiritualité enthousiaste » (1 Co 4.8), triomphaliste, qui insiste plus sur les choses du déjà que sur les pas encore de notre ère. Ils ne respectent pas l’enseignement des apôtres et décrivent mal la période intermédiaire dans laquelle nous sommes plongés. C’est, en réalité, un débat très actuel.

Paul parle aussi de 2 grands faiseurs de miracles: Jannès et Jambrès. Une nouvelle fois leurs noms nous surprennent, mais c’est parce qu’ils ne se trouvent pas dans le récit qu’ils évoquent en Exode 7. Ces hommes étaient de ceux qui ont singé le signe donné par Dieu à travers le bâton de Moïse changé en serpent. Mais leur oeuvre n’a pas duré (2 Tim 3.9).

 

Comment les délivrer?

Si l’apôtre Paul dévoile à Timothée que ceux qui ont été piégés par le diable sont plus précisément des personnes qui croient des choses fausses à la place de l’Évangile qui sauve, il ne s’arrête pas là. Paul explique à Timothée quelle attitude et quel caractère il va devoir développer pour les aider. Oublions l’eau bénite, les crucifix, et les discussions nocturnes avec les démons; et observons la méthode employée par les apôtres.

Il faut d’abord insister fortement sur le fait que celui qui se lance dans cette affaire n’y sera pas pour grand-chose. C’est Dieu lui-même qui accordera la repentance dont les prisonniers du diable ont tellement besoin pour être délivrés (2 Tim 2.25).

Mais Dieu utilisera pour cela des moyens humains à notre portée, que Paul expose à Timothée:

Fais de la prévention

Le travail de Timothée commence en amont: notre section commence par « voilà ce que tu dois rappeler ». Alors si Timothée veut prévenir les dégâts, il doit d’abord veiller sur son enseignement (2 Tim 1.13,14).

Fuis-les d’un côté

Quand Timothée rencontrera un captif, il ne devra pas s’éterniser. Non pas qu’il soit en danger, mais leur spécialité, c’est la « dispute de mots », les « discours vides et profanes », les « discussions folles et ineptes » etc. Paul lui conseille donc d’éviter ces rapports (2 Tim 3.5).

Remarquez une chose au passage, contrairement à ce qu’on pourrait penser, les « discussions folles » ne sont pas des discussions théologiques, ce sont de mauvaises discussions théologiques.

Et cours dans l’autre sens

Paul ne fait pas que mettre en garde, il indique aussi les bonnes manières de faire face à ce problème. Timothée doit s’unir aux autres chrétiens (2 Tim 2.22) pour cultiver justice, foi, amour et paix. Il doit éviter les querelles; plus encore, il doit être à l’opposé complet, c’est à dire quelqu’un de doux. Comme Paul le décrira ailleurs (1 Thess 2.7), Timothée doit être doux comme une nourrice qui garde son calme alors que le nourrisson a faim, gesticule et pleure; celui-ci reste inoffensif, alors s’énerver n’arrangera pas plus les choses.

 

Récit d’une délivrance

S’il te reste quelques forces, j’ai pensé ajouter à cette étude un témoignage éloquent:

Anna a grandi dans une famille chrétienne. Son père était pasteur et dirigeait la louange. Comme beaucoup d’enfants de pasteur, elle s’impliquait énormément dans l’Église. Mais après une dispute avec le pasteur, ses parents ont arrêté de la fréquenter. Anna était alors au lycée.

Ce fut un tournant majeur dans sa vie. De plus, les parents d’Anna n’ont jamais voulu lui imposer un certain schéma théologique; ils lui ont toujours dit qu’elle devait trouver par elle-même les bases de sa foi. Anna se retrouvera donc livrée à elle-même pour forger son identité pendant ses années formatrices, celles de l’adolescence et de l’université.

Elle raconte : « j’ai trouvé mon identité dans les garçons, et ma valeur dans leur adoration de mon corps. J’ai souvent dérapé au niveau de la sexualité, mais je croyais le mensonge de Satan selon lequel ce n’était pas grave. Je ne portais pas la marque d’une chrétienne. Ma foi était conditionnelle et ma repentance minimale ».

Dieu a dirigé Anna vers une bonne Église au début de son cycle universitaire. C’est alors que débuta le long et difficile processus qui allait retirer les couches de son identité: « pour la première fois, j’ai appris que j’étais une pécheresse, dit-elle. J’ai certes grandi en sachant que Dieu m’aimait, et que Jésus était quelqu’un de formidable, mais la bonne nouvelle de ce que Jésus-Christ avait fait pour moi n’avait jamais été clairement proclamée. Dieu m’a ouvert les yeux et révélé la vérité; pour la première fois, j’ai vu ce que j’avais fait à Jésus. J’étais une misérable pécheresse ».

Pendant neuf mois, Anna a lutté contre son péché, l’a confessé, s’en est repentie et l’a abandonné à Jésus. « mon orgueil était humilié, toutes mes fondations étaient ébranlées, et mes idoles démolies. Je me suis vue comme une prostituée, sexuellement impure. Et c’est justement là que le diable me tenait encore : j’en ai oublié la bonne nouvelle que nous sommes certes des pécheurs, mais que par Jésus, il n’y a pas de condamnation, seulement la grâce. »

Anna ne se voyait certes plus comme un corps destiné aux garçons, mais comme une pécheresse condamnée: ces deux identités étaient des mensonges de l’ennemi. Pendant des mois, elle s’est débattue avec des sentiments de culpabilité et d’imperfection. Mais pendant sa dernière année d’études, le Saint-Esprit s’est servi de la prière d’un pasteur lors d’une conférence à l’université pour lui dire la vérité.

Anna raconte : « il était tellement honnête dans ses prières! Il a d’abord évoqué toutes les choses pour lesquelles il était indigne, en citant ses péchés les plus intimes. Puis il a proclamé la vérité de la grâce de Dieu ».

Pour Anna, quelque chose s’est débloqué ce soir-là, et elle a pleinement compris tout l’Évangile. Elle n’était pas juste une pécheresse condamnée par Dieu. Elle était auparavant une pécheresse, à présent sauvée par grâce et rendue nouvelle en Christ, en tant qu’enfant de Dieu.

« La révélation de la grâce de Dieu était nouvelle pour moi. Le Saint-Esprit m’a remplie et j’ai clairement ressenti son amour et compris que j’étais adoptée, devenue sa fille, que j’étais réconciliée, et que je faisais partie de la famille de L’Église. Et plus important encore: par la puissance de Christ, j’ai la victoire sur Satan, le péché et la mort. Je suis libre de mes péchés! Je ne m’étais jamais sentie aussi libre dans ma vie. Les liens du péché qui me retenait sont brisés, et l’ennemi ne peut pas me condamner parce que j’ai été libérée par Christ et son acte rédempteur. Voilà la bonne nouvelle: tout mon péché est allé à Jésus, qui a pris ma place. Je méritais cette mort, mais il a payé ma peine puis m’a accordé sa justice. C’est une grâce imméritée. »

Cette révélation de la grâce a complètement changé sa vision de la vie, et par conséquent, elle a changé de façon de vivre. Anna explique : « j’ai été régénérée, et transformée complètement et entièrement par le Saint-Esprit. J’avais de nouveaux désirs. Je haïssais le péché, et aimais vivre avec Dieu. J’avais l’impression d’être née de nouveau, par ce que Dieu avait changé mon identité et m’avait transformée de l’intérieur ».

Elle était nouvelle.[1]

De nos jours, l’influence du diable et de ses mensonges est toujours plus réelle: ses prisonniers ne croient pas à la puissance de l’Évangile pour sauver. Nous courons le risque de nous enfermer dans des labyrinthes de techniques et de méthodes récentes toutes plus inefficaces les unes que les autres et qui ne reposent plus sur une étude sérieuse de ce que Dieu lui-même révèle dans sa Parole; de tomber dans le piège de Jannès et Jambrès, croyant que nos œuvres sont identiques à celles de Dieu, mais le temps révèlera qu’il n’en était rien.

Ce texte doit nous encourager à rechercher la « méthode » employée par l’apôtre Paul: un appel à la liberté au travers de la proclamation de la vérité de l’Évangile, accessible par la repentance.

[1] Mark Driscoll, Qui penses-tu être ?, p.165-167

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Franck Godin

Disciple de Jésus, Franck est marié à Flavie. Ils ont 4 enfants. Après un cursus à l'Institut Biblique de Genève, Franck et sa famille ont rejoint une implantation à Toulouse. Franck a aussi le souci que les graffeurs entendent l'Évangile avec GospelOnWallz.

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