Découvrir notre histoire: le musée du désert

On connaît trop peu notre histoire. Et tous les historiens vous le diront: méconnaître son histoire, c’est s’exposer à refaire les mêmes erreurs que dans le passé. J’ai vraiment pu expérimenter ce principe samedi dernier lors de notre visite du fameux musée du désert. C’est au moins pour cette raison qu’il faudrait envisager de vous y rendre.

 

Qu’est-ce que vous y trouverez?

Le musée est de plus en plus beau, et les collections s’étoffent au fil des années. Situé dans la maison même de « Rolland », un chef camisard, la visite est très bien documentée et présentée par un guide si vous le souhaitez (c’est préférable).

Vous y découvrirez l’histoire de ce qu’on a appelé la « religion prétendue réformée » en France: de la première salle qui résume l’histoire de la Réforme, en passant par l’Édit de Nantes et sa révocation, la guerre des camisards, les assemblées du désert, les condamnations des religionnaires, l’influence du protestantisme sur la construction de notre propre société, notre chère liberté de conscience, etc.

Vous avez du mal à voir à quoi correspondent tous ces noms? C’est que vous prenez le risque de méconnaître votre propre histoire, voyons. Qu’attendez-vous pour aller y faire un petit tour?

 

Le désert, pourquoi ce nom?

Je vous lâche quand même une petite info. D’après notre guide, à l’époque, les gens n’étaient pas facilement lettrés, et on parlait l’occitan dans cette partie de la France. Mais pour les familles de réformés, les choses étaient différentes: on apprenait à lire dans la Bible de la famille, ou on écoutait celui qui était capable de la lire. La Bible prenait donc une grande place dans la culture; au point même où on parlait le français, la langue de la Bible, pour dire les choses sérieuses dans la vie de tous les jours. Ça ressemblait à un collage de morceaux de versets hors contexte.

C’est donc tout naturellement qu’on a appelé, en connaissant l’histoire du peuple de Dieu dans l’Ancien Testament, cette période difficile, mais où on entendait clairement Dieu parler, « le Désert ».

 

Que se passe-t-il quand on abandonne la Bible?

Je suis loin d’être spécialiste, mais un élément de ma visite m’a interpellé.

Après une génération de persécutions, les enfants des familles qui avaient adhéré à la Réforme et qui se voyaient peu à peu privés de leurs libertés sous Louis XIV se sont rebellés. Au point de prendre les armes. On les a appelés les « camisards ». Vous me direz, c’est pas très chrétien tout ça? Surtout si vous avez du mal, comme moi, à mettre dans la même balance les enseignements de la Bible, la souveraineté de Dieu et la résistance armée.

Ça m’a aussi choqué, mais des détails de l’histoire m’ont mis sur une piste intéressante.

Cette période sombre de l’histoire qui n’a duré en gros que 2 ans a été grandement marquée par un grand mouvement « prophétique ». Les camisards se disaient prophètes, inspirés, ils parlaient de la part de Dieu. En 1701, il y avait 8000 prétendus prophètes dans les Cévennes! Des enfants même, agités par des « manifestations corporelles » appelaient à la repentance puis peu à peu à la résistance armée et à la violence au nom de Dieu.

J’ai trouvé ça un peu loin des idées de la Réforme (« Sola Scriptura »)? D’autant plus que c’est Antoine Court qui met fin à ce mouvement prophétique en appelant au retour à la Bible comme seule source d’inspiration.

On prête cette phrase à John Owen:

Si les révélations spéciales sont en désaccord avec l’Écriture, elles sont fausses.

Si les révélations spéciales sont en accord avec l’Écriture, elles sont inutiles.

Cette citation aurait-elle pu changer la manière de voir des camisards? Dans tous les cas, collée à ce bout d’histoire, elle m’a questionné.

 

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Franck Godin

Disciple de Jésus, Franck est marié à Flavie. Ils ont 4 enfants. Après un cursus à l'Institut Biblique de Genève, Franck et sa famille ont rejoint une implantation à Toulouse. Franck a aussi le souci que les graffeurs entendent l'Évangile avec GospelOnWallz.

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