« J’ai la paix »

Si tu passes cette phrase au crible de l'Écriture, tu te rends vite compte que c'est faux. Dieu ne donne pas forcément la paix à ceux qui prennent les décisions qui l'honorent. Pire, c'est même possible que ce soit tout le contraire. Démonstration

C’est souvent dans le contexte d’une prise de décision qu’on entend cette phrase. « Je sais que je suis dans la volonté de Dieu parce que j’ai la paix »; « j’ai pris la bonne décision parce que Dieu m’a donné la paix ». Il faudrait définir la volonté de Dieu et réfléchir à la manière dont Dieu a choisi de révéler sa volonté. Mais d’autres l’ont mieux fait que moi.

Ce qui est certain, et rapidement démontrable, c’est qu’avoir la paix n’est pas un bon guide; pour au moins ces 3 raisons.

Raison 1. Parce l’Écriture ne l’enseigne pas

J’ai presque envie de lancer un défi dans les commentaires. Qui peut citer un passage explicite de l’Écriture qui enseigne que Dieu nous accorde une paix intérieure lorsqu’on lui obéit ou qu’on fait un bon choix? La Bible n’enseigne pas ce lieu commun. Pire, elle dit tout le contraire.

Raison 2. Parce que c’est possible d’être en paix en désobéissant à Dieu

Il n’y a qu’à s’imaginer le prophète Jonas dans un profond sommeil, en pleine mer et en pleine tempête (Jonas 1.5) alors qu’il est en train de fuir ouvertement la volonté spéciale clairement révélée de Dieu (Jonas 1.2,3). Si même le prophète Jonas a ressenti une paix assez intense pour s’endormir dans un chaos pareil alors qu’il n’obéissait pas à Dieu, on ferait bien de se méfier de cette « paix ». On peut trouver la paix dans beaucoup d’endroits et de situations qui nous trompent, comme dans des relations amoureuses illégitimes par exemple.

Raison 3. Parce qu’obéir à Dieu, c’est parfois récolter tout le contraire de la paix

En fait, cet adage « avoir la paix », est un puissant révélateur du chemin que nous voulons prendre. Nous voulons esquiver les coups, naviguer sur un long fleuve tranquille. Mais c’est une tout autre vie à laquelle le Seigneur Jésus a appelé ses disciples. À la fin du chapitre 15 de Jean, mais aussi tout au long des Actes (Actes 14.22) et des épîtres (1Thess 5.3) le refrain et les exemples sont criants: ceux qui marchent à la suite du maître Jésus ressentent rarement la paix; ils ne se fient pas à une paix intérieure, et encore moins à une paix extérieure pour faire leurs choix (Ac 16.6,7). Ils sont plongés dans les mêmes sentiments que les autres hommes à l’intérieur. Et une persécution extérieure qui les rassure sur leur identité (2Tim 3.12).

Le combat que nous menons pour « résister » et « tenir ferme » ne nous laisse que peu d’occasions d’être en paix. Alors…

Vous ne ressentez que rarement la paix dont cet adage parle? Pas de panique, c’est peut être même bon signe. Vous êtes en paix? Prenez garde, vous vous trompez peut-être?

Franck Godin

Disciple de Jésus, Franck est marié à Flavie. Ils ont 4 enfants. Après un cursus à l'Institut Biblique de Genève, Franck et sa famille ont rejoint une implantation à Toulouse. Franck a aussi le souci que les graffeurs entendent l'Évangile avec GospelOnWallz.

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  • Pierrot Delalune

    Finalement ce ne sont pas les sentiments, les ressentis et les émotions qui doivent nous montrer la voie à suivre mais uniquement la Bible, est-ce bien cela ? La question n’est pas de savoir si j’ai la paix ou non et si c’est bon signe ou non.

  • Magele Seri

    Il est important de faire la différence entre la paix extérieure (le manque de résistance d´autres personnes ou d´evènements négatifs vis à vis de moi) et la paix intérieure (où le Saint Esprit m´assure que je suis sur la bonne voie et conforme à Sa parole). Es 26,3; Phil4,7. Jesus nous assure que nous seront persécutés par le monde et de même il nous assure qu´il est avec nous jusqu´à la fin du monde.

  • Richard H.

    Je relève le défi lancé sur le silence supposé de l’Écriture à propos de la paix qui suit une bonne décision :

    Romains 5:1 Etant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ.

    Toute paix suppose au moins deux parties, ici Dieu d’un côté, l’homme de l’autre. De manière elliptique, on parle aussi de paix intérieure, de paix avec soi-même, mais que signifient ces expressions ? La paix avec sa conscience ! Or la conscience n’est pas autonomne, elle est écho de la voix de Dieu en nous. La paix intérieure n’est donc que le sentiment qui suit l’obéissance rendue à Dieu ; ici l’obéissance de la foi dans une justification acquise par le seul sacrifice de Jésus-Christ, et qui est la marque de l’entrée dans le chemin de la vie chrétienne.

    Mais peut-on dire que la paix avec Dieu, la paix avec sa conscience, soit également le signe certain d’un bon choix, dans des situations particulières que nous traversons ? Bien sûr que oui ! Toute la vie chrétienne est affaire de sentiment vis-à-vis de la conscience réveillée, et éclairée par Parole de Dieu.

    • Attention @disqus_lwMce3Z4kr:disqus aux procès d’intention.

      • Richard H.

        Oh un procès ! quel vilain mot… Tout au plus une taquinerie fraternelle, dont Franck saura tirer la morale. Car notre paix en Christ est comme la profondeur de la mer : les vagues peuvent se déchaîner en surface, quelques mètres plus bas tout est calme et serein.

  • bibletude .org

    La contrefaçon de la présence (paix) de Dieu (Jessie Penn-Lewis, La guerre aux saints)

    Les contrefaçons de la Présence de Dieu revêtent presque toujours le caractère d’un sentiment agréable : le croyant se livre alors imprudemment à ce qu’il ressent – une sensation indéfinissable qui le pénètre et le subjugue – et il s’y abandonne. Il ne se doute pas qu’il vient de donner accès aux mauvais esprits à l’endroit même où en temps normal se manifestent les aspirations spirituelles les plus intimes et les plus profondes de son être.

    Lorsque le croyant soupire après le sentiment intime de la Présence de Dieu – ce désir peut se préciser de façon plus ou moins intense dans un contexte de passivité – l’ennemi, subtil et rusé, s’approche alors, provoque des sensations de paix et de calme, peut même l’envelopper de lumière, et le séduit en murmurant : « Enfin la voici, cette Présence après laquelle je soupirais ».

    C’est une façon de procéder de l’ennemi : il y en a d’autres, innombrables.

    Le fidèle, au vu de cette expérience, se considère comme privilégié : « Dieu s’est révélé à moi! Il m’a parlé! ». Il n’est pas sur ses gardes : il est bien loin de songer à l’ennemi de nos âmes. Pour lui, ces manifestations sont divines : il les accepte sans qu’aucun doute affleure sa pensée. Du moment qu’il attribue à Dieu ce qui provient du camp ennemi, il se place sous sa dépendance. L’ennemi a gagné sur lui le terrain qui revient à Dieu.

    La victime est convaincue d’avoir été choisie par Dieu de façon merveilleuse pour quelque importante mission. Elle écoute les suggestions de l’ennemi et croit que Dieu lui commande telle ou telle chose. Le « moi » est nourri et fortifié par cette expérience. La victime sent une puissance secrète décupler ses forces – elle peut tout, maintenant : Dieu lui a parlé. Elle bénéficie d’une faveur spéciale. Désormais, son soutien et sa force sont cette fausse « présence » qu’elle croit divine : elle met toute sa confiance dans « ses expériences » et néglige Dieu et les Écritures.

    Comme elle est assurée que Dieu lui parle, elle refuse absolument tout conseil, toute direction, et développe une tendance à l’infaillibilité. Comment écouterait-elle les autres ? Eux n’ont pas eu de révélation directe! Douter de ses « communications » est le comble du péché…

    Elle n’a plus qu’à obéir, même si la direction prise est contraire au bon sens et à la raison, même si c’est en opposition directe avec l’esprit des Écritures. L’être humain ainsi séduit n’emploie ni sa raison – « ce serait charnel » – ni son bon sens – « ce serait un manque de foi ». Quant à sa conscience, elle a cessé de parler.

    Elle se croit plus avancée qu’elle ne l’est réellement, et est amenée à agir au-delà de la mesure de foi et de connaissance qu’elle a atteinte, de sorte qu’elle s’expose aux coups de l’adversaire de nos âmes, qui lui cache sa vraie condition.

    Jessie Penn-Lewis, La guerre aux saints

  • bibletude .org