Jean, l’amour de Dieu et les doctrines de la grâce

Je viens de tomber sur cette citation puissante et touchante de Andrew A. BONAR dans l’introduction à The Life and Labours of Asahel Nettleton (p.5-6).

Les « doctrines de la grâce » (élection inconditionnelle, expiation définie, grâce irrésistible…) sont comprises par certains chrétiens comme des abominations, en contradiction totale avec la pensée d’un Dieu tendre, aimant et qui respecte la liberté de l’Homme. A. BONAR défend un point de vue contraire sur la base d’une observation simple et naturelle du disciple Jean et de son Évangile.

L’évangéliste est un des fournisseurs officiels de ce système qui veut résumer notre salut. Il est aussi, en même temps, « le disciple que Jésus aimait » (Jn 13.23-25) et celui qui nous décrit le mieux cet amour.

N’est-ce pas utile de remarquer que c’est Jean -lui qui nous décrit aussi pleinement l’amour de Dieu, lui qui nous détaille si précisément chaque preuve de l’amour divin, lui qui semble être celui qui a le plus intensément ressenti le battement de cœur de l’homme-Dieu- ce Jean dont la plume est si fréquemment guidée par l’Esprit Saint pour nous parler des doctrines de la grâce[1].

C’est Jean qui a compilé ces mots: « Je connais ceux que j’ai choisis » (Jn 13.18) et « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais moi, je vous ai choisis » (Jn 15.16); et c’est lui qui parle si souvent de « ceux » que le Père lui a donnés (Jn 6.37,39; 10.29).

-tout cela n’est-il pas « Élection »?[2]

C’est Jean qui a compilé ces paroles de Jésus: « Je donne ma vie pour mes brebis » (Jn 10.15), et le moyen de salut « un pour le peuple » (Jn 11.50).

-et n’est-ce pas ça l’ « Expiation définie »? [3]

C’est Jean qui rapporte que Jésus a déclaré « Nul ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire » (Jn 6.44) et « Nul ne peut venir à moi, si cela ne lui est donné par le Père » (Jn 6.65), qui nous raconte la conversation de Jn 3.5, et qui explique qu’aucun chrétien n’est jamais né de manière naturelle, de sa propre volonté, pas plus que par la force de persuasion d’un quelconque autre raisonnement humain, mais « de Dieu ».

-n’est-ce pas cela une « Grâce efficace »?

C’est Jean qui rapporte, plus qu’aucun autre, de telles déclarations de Jésus: « Quiconque a entendu le Père et reçu son enseignement vient à moi » (Jn 6.45) et « Tout ce que le Père me donne viendra à moi » (Jn 6.37).

-n’est-ce pas cela la « Grâce irrésistible »? Il n’y a aucun « libre arbitre » ici.

C’est Jean qui nous a aussi abondamment fourni les mots de notre Seigneur à propos de ses brebis: « Je leur donne la vie éternelle ; elles ne périront jamais, et personne ne les arrachera de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous ; et personne ne peut les arracher de la main du Père » (Jn 10.28–29), « Je n’ai perdu aucun de ceux que tu m’as donnés » (Jn 17.12; 18.9) mais aussi « Il vous donnera un autre Consolateur qui soit éternellement avec vous » (Jn 14.16).

-n’est-ce pas cela la doctrine de la « Persévérance des saints »?

[1]les « doctrines de la grâce » sont souvent dépréciées par leurs adversaires sous le nom de « calvinisme ».

[2]Jn 10.11; 17.2, 6, 9, 11, 12; Jn 6.44, 65

[3] Jn 1.13; 10.28, 29; 18.9

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Franck Godin

Disciple de Jésus, Franck le sert à l'Église Protestante Les Deux Rives, à Toulouse. Il est marié à Flavie, ils ont 5 enfants.

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14 thoughts on “Jean, l’amour de Dieu et les doctrines de la grâce

  1. Simonis Marylène dit :

    Merci pour ce partage. Je lis souvent vos articles sur le site, et apprécie un grand nombre d’entre eux.
    Je n’ai jamais commenté jusque là, lisant en silence et estimant que d’autres personnes plus qualifiées et plus douées que moi le font très bien, et que je n’apporterai rien de plus.
    Aujourd’hui, j’ai un petit peu de temps devant moi, et il n’y a pas encore de commentaires, je me dis donc que je peux (humblement) donner mon avis, d’après ma compréhension actuelle de l’Écriture, et de ce qu’elle dit sur mon Sauveur.

    Cela fait quelques années que je chemine avec le Seigneur, et j’ai eu, un moment, beaucoup de difficultés avec la doctrine de l’élection (qui par ailleurs est présente dans un grand nombre de vos articles)
    J’en étais troublée, et désarmée. J’ai même été tentée d’y croire, car tant de versets semblaient aller dans ce sens !

    Aujourd’hui, plus aucun problème avec ça ! Mais pas parce que je suis convaincue de la pertinence de l’élection ! Mais parce que tout les versets qui me troublaient jusqu’à présent trouvent leur éclairage à la lumière d’autres versets, qui, à mon grand regret, semblent être un peu « oubliés » dans vos articles !

    Je n’ai pas envie de tout citer ici, car en y réfléchissant, je pourrais aisément faire tout un article avec des versets qui disent juste le contraire de ce qui a voulu être démontré ici, à savoir que l’Homme n’est sauvé que par son propre mérite. (chose que je ne crois pas non plus !)
    Mais vous êtes d’accord qu’il y a également une flopée de versets qui vont dans l’autre sens.

    Pour moi, avant de me laisser « désarmer » par un verset troublant comme ceux qui ont été cités dans votre article, il y a deux choses qui me semblent importantes :
    – tout ces versets (ainsi que les versets qui semblent dire le contraire) ont été déclarés « parole de Dieu », donc ils ne sont pas là « par erreur ».
    – Dieu ne se contredit jamais.

    Jusque là, nous sommes d’accord, n’est ce pas ! Évidemment, tous ces versets sont à prendre dans leur ensemble, pour former un équilibre, non ?

    Alors, naturellement, je reprend ma Bible et je relis les versets cités dans votre article (Evangile de Jean).
    Je ne vais pas tout passer au crible, mais ayant relu l’ensemble du chapitre qui les contenait (par exemple le chapitre 6), j’en ai trouvé d’autres, et vous savez quoi, je trouve tout remarquablement harmonieux ! 🙂
    Sans vouloir faire une « bataille de versets » avec vous, je pense intéressant de rééquilibrer ce que vous avez écrit, et ça, en lisant le même chapitre que vous !

    Avez vous lu la suite du verset 37 que vous avez cité ? « Je ne mettrai pas dehors celui qui vient à moi ». Merveilleux, non ? 🙂
    Plus loin, le verset 40 : « La volonté de Dieu, c’est que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle » et un peu après, au verset 47 « Celui qui croit en moi a la vie éternelle ».
    J’y vois clairement une action de l’Homme, ici, pas vous ? 🙂 Quiconque, celui qui…. Est ce qu’il y a plusieurs manières de comprendre cela ?
    Pas de libre arbitre, dites vous ?

    En lisant votre publication, je n’ai pu m’empêcher de penser qu’on peut aisément prendre n’importe quel verset de la Bible et l’isoler pour en dégager une doctrine, et, même si je suis sûre que vous ne le faites pas, cet article pourrait le faire croire.
    Mais en lisant la Bible dans son ensemble, je n’arrive pas aux mêmes conclusions que vous !

    Ne trouvez vous pas, en revoyant ces versets dans leur contexte plus large, et également dans le contexte du plan de Dieu, que loin d’être « mystérieux » et « contradictoires », ils forment en fait un tout, qui est on ne peut plus clair ? A savoir :

    – Tout vient de Dieu. (et les versets que vous avez cités le soulignent bien !) Dieu nous a créé, il est souverain, tout est dans sa main. Rien ne lui échappe !
    – L’Homme est responsable face à Dieu, et libre de choisir. Et cela fait partie de la volonté de Dieu, nous laisser le choix ! Il pourrait ne pas le faire, évidemment. Mais il a voulu une relation d’Amour avec nous, et non une relation imposée !

    Une dernière chose qui m’aide beaucoup, quand je lis les versets un peu plus « obscurs » : je me demande « est ce que ça ressemble à mon Seigneur ? » Un Dieu qui aime infiniment toutes ses créatures, un Dieu qui fait grâce, un Dieu qui se laisse chercher, et qui… cherche celui qui est perdu, …ce Dieu là déciderait d’en sauver quelques uns et pas d’autres ? Ou est la grâce, là dedans ?

    Merci de m’avoir lu, je ne veux en aucun cas « écraser » la théorie calviniste ni commencer un débat (qui la plupart du temps ne mène nulle part malheureusement), mais juste vous partager mes réflexions du moment 🙂 Soyez bénis 🙂

    1. Franck dit :

      Chère Marylène,

      un énorme merci de nous suivre et de prendre soin d’échanger avec un commentaire qui est toujours bienvenue. Nous connaissons bon nombre d’autres lecteurs « silencieux », saluons-les au passage, qui nous sont très chers.

      Je souligne aussi le fait que votre intervention est agréablement préparée et mesurée. J’espère y faire honneur dans ma réponse.

      En accord avec le fond de votre intervention, je pense de suite à 2 remarques pour la compléter :

      -Les chrétiens qui nous ont précédé et qui ont courageusement re-résumé les doctrines de la grâce à Dordrecht l’ont fait en réaction à des enseignements qui tordaient les Écritures et menaçaient l’Évangile. Il ne faut jamais oublier ce contexte.

      -Dans cette perspective, pour mieux comprendre le salut, on n’opposera pas action de Dieu et action de l’Homme, puisque l’Écriture ne le fait pas. Comprenez : l’Homme est incapable de se tourner vers Dieu, du fait de sa nature pécheresse; il est « mort » spirituellement (c’est l’enseignement de Ep2.1-10 par exemple). Jusqu’à ce que Dieu lui-même intervienne dans un acte inespéré de grâce et lui donne les capacités, par son Saint Esprit, de saisir, par la foi et la repentance, le salut obtenu par son fils Jésus-Christ. Ainsi, à la lumière de la totalité de l’Écriture, ce serait faux de penser que c’est l’Homme qui se sauve, comme il serait absurde de penser que l’Homme est inactif dans ce processus.

      Dans Jean 6.37 que vous citez par exemple, pour sûr le Fils ne met personne de ceux que le Père lui a donné dehors, puisqu’il est venu chercher tous ceux que le Père lui a donné. v.40 celui qui croit et voit obtient la vie éternelle parce qu’il en a reçu les capacités, etc.

      Bref, vous comprendrez-bien que la solution de l’harmonisation de ces versets n’est pas dans le fait d’annuler ou même de minimiser les uns au profit des autres mais de les voir comme tout à fait compatibles.

      C’est, plus qu’une théorie, ma conviction profonde de l’enseignement des Écritures faisant honneur, comme nous le visons avec toute l’équipe de TPSG, la Gloire du Dieu qui a choisit de sauver des rebelles.

      1. Simonis Marylène dit :

        Merci Franck d’avoir pris la peine de me répondre ! 🙂
        En vous lisant, j’ai tendance à dire que je suis d’accord avec 99% de ce qui est écrit. C’est déjà pas mal 🙂

        L’Homme est mort par lui même, et sans l’intervention de Dieu, il ne peut rien faire. Ok.
        Il ne pourra en aucun cas s’attribuer le mérite de quoi que ce soit. Toujours ok 🙂
        Et ce n’est, en effet, que la grâce de Dieu qui « attire » les Hommes à lui !
        Ce
        n’est que par lui que nous sommes sauvés, cela ne vient pas de nous
        (Eph 2 v 8-9). C’est tout à fait ce que je crois, comme vous.

        Maintenant, nous arrivons aux 1% de désaccord, et c’est là que tout fait la différence 😉

        Si
        nous sommes tous les deux d’accord que le salut n’est que don de Dieu,
        que l’Homme ne peut s’approcher que par grâce, uniquement par son
        intervention divine….
        Ne pensez vous pas possible que Dieu
        intervienne chez tous les Hommes ? Que tout Homme aura reçu d’une
        certaine manière un appel de Dieu ?
        Que chacun, à un moment donné dans sa vie, aura l’occasion de répondre, ou non, à cet appel ?
        Ainsi,
        l’Homme n’aura en aucun cas de mérite à répondre à l’appel de Dieu, et
        celui qui ferme ses oreilles sera totalement responsable, et ne pourra
        pas dire « je ne savais pas » où « j’ai voulu, mais je n’étais pas élu ».
        Toujours
        dans la même idée, par rapport à Jean 6 v 37 (d’ailleurs, j’attendais un
        peu ce genre de réponse en citant ce verset dans mon autre commentaire
        :-)) Ne pensez vous pas possible que « ceux que Dieu a donné », c’est
        nous tous ?
        Que Jésus, en rappelant cela, insiste sur le fait qu’il n’y a aucun mérite d’être ses enfants, car cela vient de lui ?
        Pour moi, ça reste clair et harmonieux 🙂 Et surtout, je suis en paix avec cette pensée.
        Ainsi,
        dans la même phrase, Jésus dit que nul ne peut venir à lui si le Père
        ne l’attire, et, juste après, qu’il enseignera… TOUS les être humains,
        et que ceux qui écoutent son enseignement viendront à lui !
        Et
        à un peu plus loin, il dit que lorsqu’on le lèvera au dessus de la
        terre, il attirera à lui…qui ? TOUS les êtres humains 😉 (Jean 12.32)

        Pour
        finir j’ai une question (pour vous mais aussi pour tous ceux qui
        partagent votre doctrine) : Honnêtement, votre conviction est elle en
        accord avec votre
        connaissance personnelle de votre Sauveur ? Est ce que vous trouvez que
        ça lui ressemble
        vraiment ?
        Ou est l’amour de Dieu, s’il a créé des Hommes pour la perdition ?
        Et ou est la relation d’Amour avec notre Seigneur, si en réalité, nous avons été programmé pour l’aimer ?

        J’arrête
        là. Après ma phase « lectrice silencieuse », j’en deviens presque
        bavarde… Et j’espère ne refroidir personne avec mes remarques, qui
        encore une fois ne sont pas dans le but de casser qui que soit, mais
        d’avancer ensemble, dans un même but, et pour la gloire de Dieu. 🙂

        1. Franck dit :

          Chère Marylène,

          Je comprends maintenant le point de doctrine qui vous titille. On l’appelle souvent « expiation définie ». Je ne peux que vous encourager à lire à propos de cet élément, dit-on, qui a convaincu Henri Blocher (http://www.unherautdansle.net/pe5/).
          -John Owen a écrit un livre qui reste inégalé en matière d’arguments à ce propos, et toujours disponible ici. Profond, mais très abordable https://www.xl6.com/articles/9782924110652-la-vie-par-sa-mort
          -et vous pouvez commencer par son célèbre argument : http://leboncombat.fr/pour-qui-le-christ-est-il-mort/

          En ce qui concerne votre question finale, j’espère que cela ne vous paraitra pas trop brutal dans la forme, sinon je m’en excuse sincèrement, mais je ne me pose jamais la question « cet élément qu’on me présente est-il en accord avec ma connaissance personnelle de Dieu (l’idée que j’aime me faire de Lui) » pour juger la Parole de Dieu. Puisque, comme le dit T. Keller « If your god never disagrees with you, you might just be worshiping an idealized version of yourself. »
          Je ne suis pas en mesure de dire comment devrait être Dieu parce que je suis un idolâtre par nature. C’est Lui qui se révèle à moi, et je me soumet parce qu’il m’a donné le coeur qui le permet.
          J’accepte son grand amour qui ne dépend pas de ma justice, mais de celle de son Fils; ainsi que ma place d’humain limité face au Créateur Sage Saint Tout-Puissant et Souverain.

          Je vous souhaite de comprendre toujours plus profondément l’amour de Christ comme Paul l’a prié pour les chrétiens d’Asie mineure (Ep1.16,17ss)

          1. Marylène Simonis dit :

            Cher Franck,

            Je comprends également le point de doctrine qui nous sépare 🙂

            Christ a payé pour tous les péchés, l’incrédulité y compris, je suis d’accord !
            C’est vrai que l’argument d’Owen est troublant, à premier abord.
            Car Dieu n’est jamais en échec, il est tout puissant et rien ne lui échappe, donc pour vous, si tout le monde n’est pas sauvé, c’est que forcément c’est lui qui l’a décidé.

            Mais Christ est mort dans quel but ? Faire éclater sa gloire ? bien évidemment, sa gloire éclatera, et tout genou fléchira, ça c’est la finalité !

            Mais pourquoi ​a-t- il pris tou​s nos péchés ? N’est ce pas pour rétablir notre relation avec le Père, chose dont nous sommes totalement incapables par nous même​s​ ?

            Si l’on comprend ​le péché de l’homme comme une rupture avant tout relationnelle, les choses apparaissent différemment, je trouve.​

            Dans une relation, il y a deux personnes, non ? J’ai regardé la définition dans le ​Larousse, et regardez comment ils définissent la relation : lien d’interdépendance, d’interaction, rapport entre …
            Il y a bien quelque part une action d’un côté comme de l’autre ! 🙂

            Là ou je suis d’accord avec Owen, c’est qu’en payant pour nos péchés à la croix, Christ a évidemment payé pour la totalité des péchés, donc l’incrédulité aussi.

            J’ai bien compris, en lisant les écrits calvinistes, que ce qui vous dérange, c’est que si Christ est mort pour tous les péch​eurs, et que tous ne sont pas sauvés, il y aurait quelque part un échec de sa part, dans son projet.

            Mais si nous revoy​ions son projet autrement ? Toujours en accord avec les Écritures, bien sûr !

            Si son projet, à la croix, était (bien sûr en prenant les péchés sur lui) de rendre possible à chacun de retrouver une relation avec le Père ? Et ainsi rendre accessible le salut à tous ?
            Accessible, donc avec cette possibilité pour tous d’avoir ce choix, un jour, de
            l’accepter ou non ?

            Si nous intégrons que la rupture avec Dieu est une affaire de relation coupée, et donc à rétablir, comment comprendre que l’Homme n’aie rien à faire là dedans ? O​ù est le plaisir de Dieu, dans une relation qu’il aurait lui même organisée​ du côté de l’homme ?

            Et o​ù ​serait son Amour là dedans​, s’il laissait la plupart de ses créatures « sur le carreau »? Alors qu’elles ne sont ni plus ni moins coupables que les
            heureux élus ?

            Une fois que l’Homme a été placé devant ce choix (croire ou non), le sang de Christ agira, pour tout les péchés de cet individu. Mais pas malgré lui, voyez vous ?

            Pour moi, et ça me paraît transparaître clairement dans la Bible, dès la création, Dieu a pris la décision de laisser l’Homme libre. Libre de l’aimer ou de l’ignorer, libre de lui obéir ou de n’en faire qu’à sa tête.

            Dieu ne veut pas une relation imposée, et nous le voyons tout au long de l’Écriture !
            C’est une vraie histoire d’amour que je lis, de la Genèse à l’Apocalypse !

            Et dans une histoire d’amour, il y a consentement des deux personnes, non ? 🙂

            Pourquoi tenez vous à ce que l’Homme soit totalement passif dans l’histoire du salut ?
            Salomon a reçu la sagesse de Dieu. Il n’avait aucun mérite à cela. Elle venait totalement de Dieu ! Mais quand on voit ce qu’il a fait de ce don de Dieu !!!
            Est ce Dieu qui a décidé de lui retirer cette sagesse ? Salomon était il passif
            là dedans ?

            Il y a pléthore de passages dans l’Écriture où Dieu laisse le choix à l’Homme ! ​
            « Choisis la vie » qu’il dit dans Deutéronome 30.19. ​Le fait de faire les bons choix n’enlève en aucun cas le mérite à Jésus ! Ou bien, trouvez vous qu’un invité a du mérite de se présenter là ou on l’a invité ? Ou qu’un enfant a du mérite d’ouvrir le cadeau qu’on lui fait ?

            Bien sûr, on me répondra que l’homme libre est une utopie, qu’à cause du péché, il fera fatalement le mauvais choix, et c’est vrai, totalement vrai… sauf que le ​Père attire plus fort que le péché en nous ! Et si Dieu propose tant de fois le choix à l’homme, c’est que celui-ci est donc vraiment possible, n’est-ce pas ?

            ​Je suis sûre que tout Homme aura l’occasion ​d’accepter ou de rejeter​ Christ.

            Il y a un tas de choses que je ne comprend​s​ pas dans la Bible, des choses qui me paraissent mystérieuses. Les pensées du Seigneur sont tellement au dessus de mes pensées, tellement hautes que je ne peux pas les atteindre.​ ​
            Comme vous j’assume ​donc ​ma place d’humain limité face au Créateur Sage, Saint, Tout-Puissant et Souverain.​
            Mais J’accepte le grand amour de ​Dieu qui ne dépend pas de ma justice, mais de celle de son Fils​.

            Christ, en mourant sur la croix, s’est rendu accessible à nous.​
            A tous​, pas seulement à nous qui aurions eu la chance de naître « du bon côté » ! ​ 🙂

            et c’est ça l’Évangile, la Bonne nouvelle.​

            ​Ouf, j’ai de nouveau été très longue ! J’ai osé le faire en pensant que plus personne n’est branché sur cet article, que c’est juste un dialogue fraternel entre vous et moi…

            ​ Un dernier mot : je connais les auteurs et les textes que vous me recommandez.​
            ​Je pourrais vous en citer plusieurs autres de grande valeur aussi. Je me contenterai de vous recommander Don Carson, aux vues très équilibrées à mon avis. Et je suis sûre que vous avez apprécié comme moi ​sa prédication de réveil que je viens d’écouter sur Évangile 21 ! 😉

          2. sabrina dit :

            Bonjour Marylène,
            Je tiens juste à vous rassurer, vous n’avez pas été trop longue du tout. J’ai apprécié vos messages qui évoquent tout ce en quoi je crois moi-même., tout ce que j’aurai répondu dans cet échange que j’ai trouvé respectueux. Il se trouve que j’ai été confrontée « par hasard » à cette discussion il y a moins de 2 semaines et, pardonnez mon ignorance, mais j’ai été boulversée à l’idée de devoir peut être croire que le Dieu d’Amour avec lequel je suis en relation depuis quelques temps, qui me scotch toujours plus en me montrant un peu plus à chaque fois de Son profond et inconditionnel Amour envers moi, puisse créer des êtres pour la perdition… l’effet d’une tornade.. mais une expérience formidable avec le Seigneur car la leçon que j’en retiens est toute simple : au-delà de tout ce que tout le monde peut écrire sur la question, le Seul a avoir la réponse est Dieu lui-même, et Il nous fait la grâce de nous la donner et je m’appuie sur Jean 16:13 « Quand le consolateur sera venu, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité ». Et je suis persuadée que cette question est bien trop importante pour que Dieu laisse sciemment le trouble à ce sujet. J’ai donc stoppée toutes les lectures autres que la Bible sur le sujet et j’ai prié le Saint Esprit de me conduire… Et Dieu, tenant ses promesses..m’a répondu.
            Merci pour vos posts Marylène.

          3. Marylène Simonis dit :

            Bonjour Sabrina,
            Merci pour votre intervention encourageante ! Je me retrouve bien dans vos questionnements, j’ai également été bouleversée au début de mes réflexions sur le calvinisme.
            Et aujourd’hui, comme vous, je crois que Dieu ne nous a pas laissé dans le flou concernant un sujet si important. Il suffit de lire Jean 3 v 16 : ce verset est il un verset à polémique ? 🙂

            Pour moi, la réponse sur l’élection y apparaît très clairement 🙂

            Soyez bénie 🙂

  2. Cher Franck, j’avais d’abord envie de montrer point par point que le même Jean permet aussi de soutenir une autre théologie que celle des « doctrines de la grâce ». Mais je ne veux pas me servir de votre blog comme plate-forme pour mes idées. Je me contenterai donc de quelques réflexions, complémentaires à celles que j’ai lues dans le commentaire de Marylène Simonis, que j’approuve totalement :
    – l’élection : mais qui la conteste ? Versets bien appropriés, on est d’accord ! Tant qu’on ne parle pas de prédétermination…
    – l’expiation définie : d’accord aussi, avec la nuance que Jésus est bien mort pour tous les hommes, trop de versets le disent (heureusement !), mais, du point de vue de l’aboutissement du rachat, seuls ceux qui auront cru en bénéficieront.
    – la grâce efficace : Merveilleux versets cités là ! Oui, comme disait Augustin, nul ne vient à Christ, si le Père ne le « tire » ! Mais ce qui est jubilatoire, c’est qu’il le fait inlassablement pour chaque cœur !
    – la grâce irrésistible : c’est là où je suis en profond désaccord, et le premier verset cité (Jn 6.45) ne me donne pas tort ! Le 2e, Jn 6.37, trop long pour expliquer ici, ne me contredirait pas non plus.
    – la persévérance des saints : tout à fait d’accord !

    Je terminerai par trois remarques :
    1. Il se trouve que hier, j’ai lu cette citation de la Bonne Semence :
    « Martin Luther considérait ce verset (de Jean 3.16) comme l’Évangile en miniature et écrit :
    On y trouve résumé en quelques mots l’exposé de ce que Dieu a fait, avec la raison et le but de son action. Tout est grand dans cette phrase, parce que tout est divin : un grand Dieu d’amour qui aime toutes ses créatures ; un grand don : son Fils ; un grand appel : quiconque ; une grande délivrance : ne périsse pas ; un grand héritage : la vie éternelle. »

    2. Une de vos notes : les « doctrines de la grâce » sont souvent dépréciées par leurs adversaires sous le nom de « calvinisme » >> Je crois qu’il faudrait assumer cette appellation, comme Henri Blocher le fait. Je vais faire hurler, mais je pense que c’est bien Jean Calvin qui est le père de ces doctrines ainsi formulées (les 5 points t.u.l.i.p.) Si vous pensez à Augustin, oubliez, jamais il n’a enseigné l’ « horrible dessein » ! Jetez un coup d’œil en http://peresdelÉglise.free.fr/Augustin/foi.htm . En outre, a-t-on raison de proclamer, comme le fait H. Blocher, qu’il n’y a que deux écoles, la calviniste et l’arminienne ? Et pourquoi s’enfermer dans une école ?

    3. Je m’interdis toute polémique, et je ne répondrai donc pas aux critiques qui me seront évidemment adressées. Par contre, quelqu’un a-t-il l’esprit suffisamment ouvert pour vouloir vraiment approfondir cette 3e voie de compréhension ? Alors, je tiens à sa disposition un document très fouillé de réponses au livre de John Piper « Dieu veut-il que tous les hommes soient sauvés ? » pourquoi.je.vis.@free.fr

    Que le Seigneur nous garde de prises de position légères et tranchées de choses difficiles que nous n’aurions même pas approfondies ! Qu’il nous garde humbles les uns et les autres, unis en Christ, notre seul Sauveur et Seigneur !

    1. Simonis Marylène dit :

      J’approuve tout à fait ! 🙂

  3. FREDERICK José dit :

    salut Franck, bonjour à tous,

    creusons, creusons la Parole de Dieu, il en restera toujours quelque chose 😉

    l’idée de prédestination puis de « double » prédestination m’a aussi fortement interpelé quelques années après ma conversion.

    ci-dessous quelques lignes d’un article que je fais volontiers miennes :

    « C’est Calvin qui a formalisé le plus clairement cette doctrine dans le troisième livre de l’Institution chrétienne. En regardant attentivement le plan de cet ouvrage, on remarque que le chapitre qui formalise la prédestination se situe après un long développement sur la prière. Pour le Réformateur, la prédestination n’est pas une doctrine froide, elle est la conséquence de l’expérience spirituelle de l’homme de prière qui se découvre précédé par l’amour de Dieu. Lorsque l’apôtre Paul dit : « Quand celui qui m’avait mis à part dès le sein de ma mère a trouvé bon de révéler en moi son Fils » (Galates 1.15-16), il ne fait pas une déclaration théologique sur l’élection, il partage l’émerveillement de se savoir appelé et accompagné bien avant qu’il n’en ait conscience.

    Dans cette perspective, la prédestination est une expérience spirituelle, la découverte que nous ne méritons pas notre foi, qu’il y a un mystère au commencement de notre histoire, que nous sommes ce que nous somme du fait de la seule grâce de Dieu. L’erreur d’une certaine théologie calviniste est d’avoir fait de la prédestination une doctrine froide qui cherche à entrer dans le raisonnement de Dieu depuis la fondation du monde. Luther disait qu’il ne fallait pas aborder la question de la prédestination par le haut mais par le bas : « Il t’est impossible de reconnaître Dieu sans dommage sinon en te tenant à la crèche… si tu commences par réfléchir à la manière dont il gouverne le monde, si tu cherches à savoir s’Il a prédestiné tel ou tel homme, tu te casseras le cou immédiatement. Mon cher, n’escalade pas le ciel ! Va d’abord à Bethléem. »

    Pourquoi fait-on confiance au Christ ? Pourquoi est-on ému par les paroles de l’Évangile ? Pourquoi avons-nous confiance dans la grâce ? Il n’y a des choses qui ne s’expliquent pas, ce n’est pas à coup d’arguments logiques qu’on transmet ou qu’on réfute la foi. Au bout d’un moment, on est obligé de reconnaître qu’il y a un appel au commencement de notre foi qui ne vient pas de nous. Cette croyance nous libère car elle nous apprend que le fondement de notre être ne repose pas sur nos épaules et que notre histoire est entre les mains de Dieu.

    La grâce seule : La prédestination nous rend humble en nous rappelant que nous ne méritons pas notre foi. Si tout ce que nous faisons de bien relève de la seule grâce de Dieu, au nom de quoi pouvons-nous porter le moindre jugement sur les autres ? Elle interdit aux croyants de se croire meilleurs que les autres : « Cela ne vient pas de nous, c’est le don de Dieu… afin que personne ne se glorifie », écrit l’apôtre Paul.

    Si le seul privilège que nous avons est d’avoir été appelés par Dieu, cela ne nous donne que des devoirs. Si nous avons été appelés à la foi, ce n’est pas pour jouir paisiblement de notre espérance mais pour devenir témoins. Croire à la prédestination, c’est comprendre que la question de notre salut étant réglée, nous sommes libérés pour vivre l’amour de Dieu et du prochain.
    Quant à ceux qui sont troublés par cette idée de prédestination, je ne peux rien ajouter à ce que disait saint Augustin : « Si tu es attiré, suis ton attrait ; si tu n’es pas attiré, demande à l’être, mais ne demande pas pourquoi ton voisin ne l’est pas. »

    1. Merci de m’avoir fait connaitre cette belle citation d’Augustin ! Vous avez les références plus précises ?

      1. FREDERICK José dit :

        bonjour,
        il s’agit d’un article paru dans la revue Réforme. Je n’ai pas la référence précise de cette citation. Je vais essayer de la retrouver.
        José

        1. Bonjour, José,
          J’ai vu également la citation dans la Revue réformée. Sans référence. J’ai donc écrit à Marie-Christine Hazaêl-Massieux, professeur universitaire spécialiste d’ Augustin, auteur des travaux que j’ai signalés l’autre jour.
          Elle vient de me répondre longuement. Pour ne pas abuser de ce blog, je résume le + court possible :
          – Elle n’a jamais rencontré cette citation dans ses lectures. Sur le net, on attribue énormément de choses à tort à Augustin. Se méfier de tout ce qui ne comporte pas de référence.
          – La pensée d’Augustin est si complexe qu’il faut être extrêmement prudent pour n’en citer qu’un si petit extrait.
          – D’après ce qu’elle connaît des écrits d’Augustin, la citation en question ne correspond pas à sa pensée. En tous cas pas le 3e terme, et le 2e probablement pas non plus.
          Personnellement, la citation m’avait bien plu. Mais j’aurais donné un autre sens aux termes 2 et 3 que ne le fait ce professeur.

          1. FREDERICK José dit :

            bonjour Claude,
            merci pour ces précisions : en effet, pour ne pas abuser du blog, je serais intéressé des commentaires de ce professeur quant à la pensée de Saint Augustin (mon email : joselito.frederick@gmail.com).
            Pour le reste, et de mon point de vue, cette citation vaut en tant que telle pour son contenu, et ce quel qu’en soit l’auteur, n’est-ce pas ?
            Plus largement, j’apprécie la tonalité générale de l’article.
            Bien sincèrement, José

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