Jésus, moi, je ne suis pas contre

Peut-on se réjouir de n'importe quelle initiative portant l'étiquette "Jésus"? Non. Et voilà pourquoi.

Bon nombre de croyants d'autres religions tolèrent, voire même vénèrent Jésus de Nazareth. À l'heure de la "tolérance", cela suffit-il de ne pas être contre Jésus? C'est, en tous cas, ce que Mc 9.40 semble vouloir dire? Je dis "semble", bien sûr, parce que ce n'est qu'en sortant ce verset de son contexte qu'on peut lui faire dire ce dont on rêve.

 

Le contexte du verset: la concurrence

Ce qui est troublant, et nous met en même temps la puce à l’oreille, c’est le « en effet » du début du verset.

« En effet, qui n’est pas contre nous est pour nous. » (Mc 9.40)

On peut difficilement ne pas comprendre que ces mots s’insèrent dans une phrase, qui elle-même fait partie d’un discours, lui-même choisi par un auteur pour un but bien précis.

En l’occurrence, dans cette section de son Évangile, Marc revient plusieurs fois sur le thème de la concurrence entre les disciples. Dans [Mc 9.14-32], ils se montrent présomptueux et Jésus les rappelle à sa dépendance (Mc 9.29). Juste après, dans [Mc 9.33-37], ils se font prendre en train de discuter pour savoir qui est le plus grand. Plus tard, dans [Mc 10.32-45], le sujet reviendra sur le tapis avec la demande de Jacques et Jean (Mc 10.37) et l’indignation des 10 autres (Mc 10.41). Entre temps, on trouve en [Mc 9.38-42] l’épisode dans lequel notre verset s’insère. C’est Jean, toujours sur le même thème de la concurrence, qui montre qu’il n’est pas prêt à céder sa place à un inconnu.

C’est dans ce contexte spécifique que Jésus prononce « qui n’est pas contre nous est pour nous ». Il est en train de reprendre et rééduque les 12 qui ont besoin de redescendre de leur piédestal.

Mais ce verset n’est pas censé être une carte joker que nous distribuons dans toute situation où cela nous arrangerait. Jésus n’est pas en train d’inclure n’importe qui dans sa mission.

D’abord parce qu’au v.42, Marc montre qu’il a le souci des « petits » qui le suivent. Et que le jugement sera sévère pour ceux qui usent de son nom pour les perdre.

 

Jésus se contredirait-il?

Ensuite parce qu’en Mt 12.30, Jésus semble beaucoup moins inclusif.

« Celui qui n’est pas avec moi est contre moi, et celui qui ne rassemble pas avec moi disperse. » (Mt 12.30)

Jésus se serait-il contredit? Non, simplement le contexte ici est différent. En plus de la différence de l’utilisation du « nous » et du « moi », Jésus est ici en train de répondre à un blasphème des pharisiens (Mt 12.24) et il termine en accusant ses opposants [Mt12.30-37].

 

Qu’est-ce que tout cela change?

  1. À la lumière de Mc 9.40, nous devons avoir l’humilité d’apprendre à nous réjouir, un peu comme l’apôtre Paul l’a fait en Philippiens, de l’avancée de l’Évangile, même dans des sphères que nous ne contrôlons pas.
  2. Ce verset ne doit pas nous dédouaner, au contraire, de chercher à être « pour Jésus » plutôt qu’être neutre sur la question. La neutralité n’existe pas en ce qui concerne l’identité de Jésus de Nazareth, notre avenir éternel en dépend (Mt 12.30,31).
  3. Nous devons aussi être capables de reconnaître là où on se réclame de Lui sans en être réellement.

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Franck Godin

Disciple de Jésus, Franck le sert à l'Église Protestante Les Deux Rives, à Toulouse. Il est marié à Flavie, ils ont 5 enfants.

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