Lire Ensemble Fiers de Toi Fiston – 1/5

Ça y est, la première semaine est passée, les premiers chapitres sont parcourus. Il est temps de commencer nos échanges à propos de ce nouveau Lire Ensemble de TPSG.

Réagissez dans les commentaires à ces quelques réflexions. Comment avez-vous trouvé le départ? Pas trop déstabilisés? Chez nous, on s’est à nouveau souvenu pourquoi on le lit régulièrement. Ça fait du bien d’être repris.

 

Le chapitre un : notre objectif de parents, leur cœur

Les influences de l’auteur étaient bien citées en introduction (Jay Adams, David Powlison). Du coup, ce n’est pas une surprise de retrouver un principe central de la Bible (et de la relation d’aide biblique): le cœur est notre tour de contrôle. C’est d’ailleurs la thèse de tout le livre. Les appuis bibliques ne manquent pas, et cela nous aide à nous (re)centrer dans l’éducation des enfants. Tedd Tripp nous invite fortement à relâcher la pression de sauver les apparences en obtenant un comportement convenable et de commencer un travail de fond, un travail salutaire pour nos enfants en visant leur cœur, le nœud de tous les problèmes. Au risque, à l’inverse, de faire de nos enfants de sages hypocrites.

Point fort de la méthode

Ce qui est vraiment encourageant, dans ce chapitre, c’est l’espoir que l’auteur donne dans la suffisance de l’Écriture [1]. Être de bons parents, c’est à la portée de tous ceux qui chérissent la Bible et ses enseignements. [Tweet « Être de bons parents, c’est à la portée de tous ceux qui chérissent la Bible et ses enseignements. »]

 

Concrètement: une dispute pour le même objet

Un exemple que tous les parents, même d’enfant unique, connaissent. C’est celui de la dispute pour un même objet. Même si vous vous êtes crus malins et que vous en aviez acheté deux similaires, désolé de vous décevoir, mais le problème existera toujours; les enfants sont très forts pour voir une différence entre 2 mêmes choses, non?

Quand la vision révolutionnaire du livre prend vie, on se rend compte que les 2 enfants sont coupables. Chacun de leurs cœurs les pousse à vouloir leur propre bonheur au détriment de l’autre. Ils montrent leur nature pécheresse et ils ont besoin de faire demi-tour. Ultimement, ils ont besoin d’un nouveau cœur.

 

Comment cette vision changera t-elle notre quotidien?

Ce chapitre a plusieurs conséquences, à notre avis :

  • Ça nous laisse plus de liberté. Finis les complexes. Dans le sens où le comportement de l’enfant ne doit pas nous surprendre, puisqu’il est pécheur. Bien sûr, il devra obéir, mais nous ne devons pas être étonnés par les réactions d’un cœur qui n’est pas régénéré.
  • Revers de la médaille, il faut nous préparer à devoir faire face à tous ceux/celles autour de nous qui, eux, visent le comportement. Je parle ici peut-être plus particulièrement aux parents responsables dans l’Église, les victimes potentielles du « mythe de l’enfant de pasteur ». Les critiques, les regards de travers, les réflexions, les moments où l’enfant est repris alors que c’est en totale contradiction avec notre choix de viser le cœur et son vrai problème, etc.

Ici, on a discuté des enfants qui sont élevés par une nounou. Est ce qu’un couple a un témoignage à ce propos? Comment partage(re)z-vous cette base de l’éducation de vos enfants à celui/celle qui les élève?

  • Ça change complètement notre référentiel des choses « graves ». Cette semaine encore, j’ai étonné quelqu’un en qualifiant le péché de « mort » sur la base de Lc 15.32. Pourtant, ce sont les sentiments que Dieu le Père éprouve et qu’il nous presse à partager.
  • Ça implique plus d’efforts de réflexion. C’est facile et rapide de reprendre un comportement, mais ça demande de l’énergie de comprendre et de faire comprendre un problème.
  • Ça nous permet d’articuler l’Évangile. Quand on passe à cette méthode d’éducation, nos lacunes à ce sujet sont mises à jour, mais surtout on se met à voir notre besoin constant de vivre de la grâce. C’est fou comme à chaque moment on se retrouve à devoir parler de repentance, de la grâce, de notre incapacité, du caractère de Dieu et de sa loi, etc. C’est l’Évangile qui nous montre comment nous sommes sauvés et transformés et ce recentrage nous pousse à l’articuler. Chose « magique », parler de Dieu et de son œuvre devient tout naturel dans notre foyer.
  • Ça nous pousse à user de grâce, ça chasse la colère, ça pousse à la prière, …

 

Le chapitre deux: deux écueils au sujet des influences

Dans ce chapitre, on attaque une autre (mauvaise) habitude de notre éducation. Contrairement à nombre d’autres ouvrages, ici, la vision des influences extérieures à l’enfant est très équilibrée. Tedd Tripp ne les nie pas, mais il nous met aussi en garde contre le déterminisme, cette maladie qui croit qu’il faut se résoudre à l’idée que les hommes sont les pauvres victimes de leur environnement. Et qui, en définitive, offre une « justification » illusoire, un substitut du salut qui empêcherait l’enfant d’avouer son besoin d’un sauveur.

Le Seigneur Jésus était l’exception: il était sans péché. Et rien, pas même son contexte familial empreint du péché, ne l’a déterminé à succomber à la tentation. Pourquoi?

 

Ce chapitre est fortement à mettre en lien avec le suivant. Vous vous demandez peut-être pourquoi il ne faisait pas partie du découpage? C’était pour mieux créer en vous le suspens, voyons!

Rendez-vous la semaine prochaine pour la suite. En attendant, que le Seigneur bénisse ces moments passés en couple, vos échanges. Qu’il réforme nos familles

« afin de faire germer une semence sainte pour son Église » (p.8)

[1] W. Grudem définit la doctrine de la suffisance de l’Écriture comme la réponse à la question « Devons-nous chercher d’autres paroles de Dieu en plus de celles que nous avons dans la Bible? ». La suffisance, selon lui, « signifie que l’Écriture a toujours contenu toutes les paroles dont Dieu voulait que son peuple dispose à chaque étape de l’histoire de la rédemption, et qu’elle contient aujourd’hui tout ce que nous avons besoin d’entendre de la part de Dieu pour être sauvés, pour lui faire pleinement confiance et lui obéir parfaitement ».

Franck Godin

Disciple de Jésus, Franck le sert à l'Église Protestante Les Deux Rives, à Toulouse. Il est marié à Flavie, ils ont 5 enfants.

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  • Tabitha dit :

    Merci pour cet article qui résume si bien les chapitres.
    Je comprends bien le chapitre 1 mais j’avoue que d’un point de vue pratique, je suis perdue avec ma fille de 3 ans et demi…
    Je sais que je dois apprendre à analyser les motivations de son cœur qui la pousse à tel ou tel comportement, mais ce n’est pas facile quand j’ai deja mon propre cœur et mes mauvaises motivations à gérer….j’ai hâte de lire la suite et les chapitres plus pratiques pour aller plus loin et apprendre à etre « un berger pour son cœur »…

  • Elisabeth dit :

    Notre cœur est notre tour de contrôle ! Une chose importante dont je viens de prendre conscience ! C’est vrai qu’en tant que maman je juge facilement l’acte ou le comportement sans me poser la réelle question du fondement de tout cela … Car ces actions ont toujours une raison .
    Je dois me remettre moi même en question avec mon mauvais cœur et apprendre à gérer cela.
    Ainsi je pourrais avancer sur moi même mais aussi et surtout sur l’éducation si primordiale pour nos enfants ! Apprendre à gérer ma petite fille de 3 ans qui aime tester ses parents surtout depuis qu’elle est devenue grande sœur . Merci beaucoup pour ces explications Précieuses et Encourageantes pour nous « apprentis parents »

  • Jeremie dit :

    J’ai lu les deux chapitres en question.

    Cette histoire des deux enfants qui se battent m’a fait beaucoup réfléchir, surtout quand à la conclusion de l’auteur avec laquelle je confesse avoir énormément de mal à adhérer. Je m’explique : lorsque deux enfants se battent pour un jouet – et on parle bien de petits enfants, pas d’ados – ils participent à la découverte du monde, et apprennent par là qu’ils ont une place dans la société. Ils se frottent à cet « autre », son semblable en âge ou en génération, et qui n’est pas un adulte. Ça peut être un frère, un cousin, un autre enfant à la crèche ou chez la nounou. Bref, un « autre » comme lui qui suit le même apprentissage de la vie en société. Ces combats n’ont d’autre utilité au final que d’apprendre à vivre en cohabitation avec « les autres » qui vont l’entourer toute sa vie.

    Si l’on a l’exemple tragique de Caïn et Abel, c’est aussi pour comprendre que, dès l’origine, la réponse donnée à ces bagarres d’enfance par les parents est primordiale. Ce sont ces derniers qui vont donner les règles du jeu, donner le cadre : non, on ne peut pas se battre pour un jouet, non on ne se tape pas dessus, non on ne tape pas sur son frère à coup de cailloux … Bref l’étape est inévitable et ce qui est bien le plus important est la réponse des adultes les ayant en garde (parents, nounous, etc).

    De fait, aller dans la direction choisie par l’auteur qui est de dire que les enfants se battent à cause du péché qui est dans leur cœur est une affirmation que je trouve dangereuse, même si je comprends qu’elle puisse rassurer les parents chrétiens inquiets et qui se demandent pourquoi leurs enfants se battent entre eux, malgré tout l’amour qu’ils reçoivent. Mais expliquer cette situation par le fait que les enfants seraient pêcheurs n’est non seulement pas une situation qui est présentée dans la Bible, et donc est une interprétation, mais ouvre surtout la voie à une logique qu’on se doit de suivre jusqu’au bout : si un enfant de deux ans est coupable de péché dans son plus jeune âge, il faut également croire qu’il est possible qu’un enfant du même âge puisse être sauvé par sa propre conversion. Car si péché commis, alors péché = séparation loin de Dieu. Si par malheur l’enfant vient à mourir, qu’en est-il de son âme ? Séparée à tout jamais loin de Dieu ? Il faut alors admettre la possibilité d’une conversion à un si jeune âge, et de son acceptation de son besoin de changer alors qu’il n’est même pas capable de comprendre ses actes ni de faire la différence entre le bien et le mal, n’ayant pas encore atteint l’âge dit de raison.

    C’est donc une voie potentiellement dangereuse que celle dans laquelle on mêle le péché à la petite enfance, c’est vouloir guérir une maladie qui n’existe pas, c’est corriger un problème qui n’en est pas un (même si l’on peut admettre à plus grande échelle que c’est une conséquence indirecte de l’entrée du péché par Adam… Cependant nul enfant n’ayant été présent sur terre avant que le péché n’arrive, il n’y a pas d’exemple ou d’indication de quel était le plan de Dieu pour la croissance des enfants dans ce contexte).

    Voilà la réflexion qui m’est venue en lisant ces deux chapitres.

    • Jérémie, l’affirmation que tu trouves dangereuse part d’une vérité biblique: l’homme est pécheur, dès sa naissance (Ps 51.7; Ps 58.4). Tous les hommes sont pécheurs (Pr 20.9; Rm 3.23; 1Jn 1.8-10), depuis la chute. Si les hommes (et les enfants) pèchent, c’est parce qu’ils sont pécheurs, pas l’inverse. Aussi, il semble que Jean-Baptiste ait été régénéré avant même sa naissance (Lc 1.15).

      La conversion de quelqu’un est le fruit de sa nouvelle naissance. Et Dieu, dans sa grâce, peut décider de toucher n’importe qui à n’importe quelle âge, même un enfant. Ce n’est pas la raison qui nous permet de nous tourner vers Dieu par la conversion, c’est la nouvelle naissance que Dieu opère en nous.

      • Jeremie dit :

        Bonjour Mathieu, Merci pour ta réponse qui entretient et complète la réflexion.
        Tu soulignes effectivement que l’Homme est pécheur car c’est sa nature. Ce n’est pas ça que je conteste quand je parle du péché des enfants. Tu soulignes que les hommes et enfants pêchent parce qu’ils sont pécheurs et non l’inverse, c’est un point de vue très intéressant et je le partage entièrement. Son corollaire n’est par contre pas automatique dès la naissance : ce n’est pas parce qu’un bébé est né de nature pécheresse qu’il pêche immédiatement. Tout comme un bébé né en France ne parle pas français dès sa naissance, il y a un processus d’apprentissage.

        Ce que je conteste dans votre vision c’est bien le fait que si un enfant de deux ans se bat avec un autre pour un jouet, ce serait à cause du péché dans son coeur. Les versets que tu cites concernent les adultes, à part Ps 58:4 qui ne peut pas être pris dans un sens littéral en raison même de sa nature et du fait qu’il utilise une hyperbole évidente, à moins que tu adhères au fait qu’un bébé puisse être méchant dès le ventre et qu’il puisse également avoir une conscience, mais j’en doute.

        Par ailleurs, cette nature d’Homme pêcheur était également celle qui revêtait Jésus car il avait une double nature : homme et dieu. Sauf que lui n’a jamais péché.

        Enfin, ton analyse comme quoi Dieu dans sa grâce peut décider de toucher n’importe qui à n’importe quel âge est exacte, mais s’applique-t-elle également aux enfants ? C’est à dire aux enfants dont je parle dans mon commentaire, qui n’ont ni la conscience du bien et du mal, qui ne sont pas capables donc de décider en leur coeur de suivre Jésus ? Si c’est le cas, alors cela signifie que tous les enfants morts in-utero, tous les bébés avortés, tous les enfants morts nés, tous ceux morts dans les premières années de leur vie, il n’existe aucune garantie que leur âme soit sauvée. C’est terrible !
        S’ils ont une âme, bien entendu, mais c’est un autre débat pourtant complètement lié.

    • Tabitha dit :

      Je comprends qu’en tant que parents, l’idée que nos enfants naissent pécheurs nous aient difficiles à croire… ils semblent si innoncents, si fragiles, ils ne connaissent rien de la vie en dehors du ventre maternel et c’est une réalité !
      Mais depuis la chute, nous naissons pécheurs, c’est un fait. Plus je vois ma fille agir et interagir avec les gens autour d’elle, plus je sais combien cela est vrai. (Et il en est de même pour moi, l’éducation des enfants semble accentuer tous mes travers et mets en lumière mon péché). Elle souhaite faire « ce qu’elle veut », « comme elle veut », « quand elle veut » . Elle doit apprendre que cela n’est pas possible mais c’est dur à cause du péché dans son coeur. Et c’est pareil pour mon fils de 11 mois : quand j’enlève, pour la 10ème fois de la journée, une pomme de terre de sa bouche piochée au fond du placard en lui disant : Stop ou Non. Il pleure, il crie. Il n’est pas content : j’ai enlevé ce qu’il souhaitait, c’est à dire croquer dans cette pomme de terre. Et il n’est pas content. Sa réaction n’a rien d’anormal : il ne sait pas ce qui est bon ou non pour lui et c’est mon rôle de mère d’essayer de lui apprendre ce que je connais…mais sa réaction n’est pas juste non plus et n’est pas bonne.
      Mais même en tant qu’adulte, nous ne savons pas ce qui est bon pour nous. Seul Dieu le sait et c’est vers Lui que nous devons aller pour savoir ce qui est bon pour nous.
      Et c’est le rôle que nous avons en tant que parents chrétiens : apprendre à nos enfants que Dieu nous aime, qu’Il a créé le ciel et la terre et tout ce qui s’y trouve, que les hommes ont choisi de suivre « leur propre voie » en désobéissant à Dieu et que cela nous sépare de Lui. Mais, dans sa Grâce, il a pourvu lui même à la solution en offrant Jésus, son Fils à la croix et en faisant le choix de confesser nos péchés et de croire en Lui, nous sommes sauvés et réconcilier avec Dieu !
      Nous pouvons aussi nous rappeler que Dieu est un Dieu qui fait grâce et que nous ne « sauverons pas » nos enfants, c’est Dieu qui sauve et nous sommes appelés à être ses témoins auprès de nos enfants.

      • Franck dit :

        Merci Jérémie d’avoir identifié la doctrine en jeu, savoir le « péché originel » (ou « hérité »). Je suis tout à fait d’accord qu’avec une autre conception de notre nature actuelle (conceptions qui ont été rejetées et dénoncées dans l’Histoire de l’Église) on ne peut adhérer à la thèse du livre. Je prêcherai [Ep2.1-10] ce weekend; après 2 semaines d’étude, j’avoue avoir du mal à penser autrement.

      • Jeremie dit :

        Bonjour Tabitha,
        Les enfants sont fragiles et innocents, et ils seraient en plus pécheurs, c’est à dire conscients de volontairement choisir le mal alors qu’ils ne comprennent même pas cette notion ? C’est un peu trop violent pour moi, mais je ne prétends pas tout comprendre c’est sûr.

        Quelle âge a votre fille dont vous pouvez observer chaque jour les péchés ? Elle semble avoir environ 2 ans / 2 ans et demi selon ce que vous dites de son comportement. A cet âge d’émancipation de la bulle fusionnelle parentale, il est normal qu’elle réagisse de la sorte, elle ne cherche pas tant à faire « ce qu’elle veut » mais plus à « ne pas faire ce que vous voulez », par processus d’affirmation de son existence dont elle vient d’avoir conscience. Cela lui est nécessaire pour arriver à se distinguer de vous et de votre mari. Si vous ne voyez ses réactions qu’au travers du prisme du péché, vous risquez d’adopter une réaction qui pourra entraver la construction de son identité. Je n’ai pas dit que c’était ce que vous étiez en train de faire, je dis juste que c’est un risque.

    • Franck dit :

      Merci Jérémie d’avoir identifié la doctrine en jeu, savoir le « péché originel » (ou « hérité »). Je suis tout à fait d’accord qu’avec une autre conception de notre nature actuelle (conceptions qui ont été, il faut le rappeler, rejetées et dénoncées dans l’Histoire de l’Église) on ne peut adhérer à la thèse du livre. Je prêcherai [Ep2.1-10] ce weekend; après 2 semaines d’étude, je dois avouer avoir du mal à penser autrement.

      • Jeremie dit :

        Franck, je ne remets nullement en cause la doctrine du péché originel, cf ma réponse à Mathieu. Désolé si ça te déçoit, peut-être ça t’aurait rassuré de penser que je n’étais pas chrétien ? 😉

        Pour le reste c’est hors sujet, car je parle des enfants avant l’âge de raison, avant qu’ils sachent faire la distinction entre le bien et le mal. Aucun de vous n’en a tenu compte jusqu’à présent en vous contentant de mettre tout le monde dans le même panier : « Homme quel que soit son âge = pécheur = condamné », or l’on sait très bien qu’il y a des distinctions pour les enfants (cf réflexion sur le baptême des bébés et enfants), et c’est sur ce point que j’aimerais qu’on échange et que vous apportiez une réponse ou un point de vue concrets.

        • Tabitha dit :

          Dans ce cas là, quel serait ce fameux « age de raison »?

        • Franck dit :

          Jérémie, je vous prierai premièrement de ne pas me prêter d’intentions fausses; la perdition, de qui que ce soit, ne pourra jamais avoir quoi que ce soit de « rassurant » pour moi. Ensuite, vous avez beau dire adhérer au péché originel, si vous enlevez la culpabilité liée au statut de pêcheur à un enfant, peu importe son âge, vous êtes en réalité sorti des limites de cette conception. Jérémie, le pélagianisme que vous défendez était déjà condamné au Ve siècle.

          • Jeremie dit :

            J’avais rajouté un smiley pour faire comprendre que c’était une boutade, l’effet est raté, je te présente mes excuses.

            Par contre je ne vois pas en quoi je sors des limites de la doctrine du péché originel qui ne mentionne tout simplement jamais les enfants. C’est vous qui les incluez de manière automatique sans prise en compte des spécificités de ces derniers, et qui font qu’ils ne peuvent avant un certain âge se sentir coupable de quoi que ce soit sans notion de bien et de mal, sans notions de justice, qu’ils intègrent bien après.

            Merci également d’éviter de m’associer au pelagianisme qui rend la grâce dispensable face aux efforts personnels et qui conteste le péché originel. Ce n’est absolument pas ce que j’ai écrit, ni de prêt, ni de loin.

          • Franck dit :

            Je vais tenter de clarifier une dernière fois, puisque nos échanges restent très polis, je suis sur que cela n’est pas inutile.

            De qui, pensez-vous, Paul parle en Ro1.21 ? Qui sont les « inexcusables » ? Se pourrait-il que cette catégorie de personnes inclue aussi de petites tribus de l’autre bout du monde qui n’ont aucune conscience de leur culpabilité, qui ne « se sentent pas » coupables de péché ? Dans ce cas, pourquoi Paul les condamne t’il ?

            Jeremie, la doctrine du péché originel ne fait référence à aucun SENTIMENT de culpabilité. Autrement dis, conscients ou pas, la culpabilité liée au péché est une réalité PÉNALE. D’ailleurs, la preuve même de la culpabilité, c’est le rejet de celle-ci (1.32). Seul l’Homme régénéré se laisse convaincre par le Saint Esprit (Jn16.8ss) et accepte sa culpabilité.

            Vous ne pouvez tenir un enfant innocent tout simplement parce qu’il ne se « sentirait » pas coupable. Vice-versa, en tant que chrétiens, nous luttons parfois contre des sentiments de culpabilité car le satan (lit. « accusateur ») tente de contrer l’oeuvre de Dieu.

  • Tabitha dit :

    Petite question du soir : comment peut-on faire pour veiller sur le cœur de nos enfants quand on a deja du mal avec le notre?
    Je me rend compte chaque jour un peu plus de mes faiblesses, chutes et rechutes…je sais que j’ai besoin de la grâce de Dieu mais en ce qui concerne mes enfants comment puis-je les aider ?
    Comment travailler mon propre cœur au fil de leur éducation…c’est peut être ça la question…
    Bref j’espère qu’on aura l’occasion de discuter/échanger sur tout cela par le biais de cette lecture suivie..

    • Franck dit :

      Chère Tabitha,
      Tu mets le doigt sur un défi pour nous tous parents : vouloir aider et diriger les autres, c’est d’abord s’appliquer à soi-même nos solutions. C’est pourquoi nous avons voulu ouvrir ce LireEnsemble aux futurs parents également : plus la prise de conscience arrive tôt, plus le temps est gagné pour chercher la sainteté ^^
      Comme je disais, nos lacunes concernant l’Évangile sont mises à nu, tu peux l’observer même dans les commentaires.

      Si ce sujet vous intéresse avec Jérémie, vous devriez accueillir avec une grande joie le prochain LireEnsemble (il va falloir prévoir des abonnements à ce train là =D).

      Soyez patients, on ne tardera pas à rencontrer dans notre lecture des appels à l’expérience de la grâce très concrets : demander pardon aux enfants par exemple? Si vous avez été remués, ça ne risque pas de s’arrêter.

      Bonne lecture des 2 prochains !

      • Tabitha dit :

        Ben on sera sans doute partant pour d’autres lecture…mon mari est un grand lecteur et moi j’essaie de retrouver la joie de lire (faut dire qu’avec les enfants, je suis « un peu » fatiguée et lire m’endors ou alors j’oublie ce que je lis…). Jeremie est un lecteur agréable et on aime les soirées lecture (où je tricote par plaisir et pour ne pas m’endormir en l’écoutant….), donc on risque d’être assidus pour les séries « LireEnsemble » .
        Demander pardon à nos enfants…on essaie et notre miss très perspicace nous dit meme quand nous devons dire pardon…on doit apprendre à dire pardon mais aussi quand et comment.
        Bref les enfants apprennent et les parents aussi !

  • Bon résumé Franck! Je sens que je vais bien apprécier et bénéficier des conseils. L’idée centrale du livre est puissante (c’est dans le cœur qu’on trouve la vraie raison de notre mauvaise conduite). L’exemple de la résolution de conflit avec la question « qui l’avait en premier » est top. Qu’est-ce que je me suis déjà entendu « résoudre » des conflits avec cette question!

    Concernant le chapitre 2, Hanna et moi ressentons tous les deux la tentation de croire en un genre de « déterminisme chrétien » comme l’appelle l’auteur. C’était donc un bon rappel que face aux influences qui s’exercent sur lui, l’enfant est un acteur et non une victime.

  • Tabitha dit :

    J’ai hate de discuter de la suite…on a lu les deux chapitres suivants hier soir…et « Waouw » la claque…c’est une bonne claque et on est content de lire ce livre avec vous !!!

  • Laurence dit :

    J’ai bien apprécié cette lecture mais une question me perturbe néanmoins. Dans l’introduction, je lis  » Nous devons exiger l’obéissance de nos enfants parce qu’ils sont appelés par Dieu à obéir et à nous honorer »…. Et j’avoue que je suis assez perplexe face à une telle affirmation. Il est effectivement demandé aux enfants d’obéir à leurs parents mais cela sous-entend-il que nous sommes responsables de leur choix d’obéir ou non ? Cela nous autorise-t-il à exiger d’être obéi ? Je trouve que cette phrase ne cadre pas bien avec l’idée de viser le changement du coeur !!

    • Franck dit :

      Merci pour votre échange Laurence. Nous sommes d’accord que l’exigence de Dieu pour les enfants a toujours été claire et n’a jamais changé (Ex20.12;Ep6.1,2). Mais il est important de comprendre que ce sont les enfants qui sont responsables de leurs propres choix. Nous verrons dès demain avec le chapitre 3 (l’orientation spirituelle) et même le 4 (sur l’autorité parentale) qu’au contraire, cela donne tout son sens au fait de viser le coeur. N’hésitez pas à réagir dès la semaine prochaine si les chapitres ne vous ont pas éclairé.

      • Laurence dit :

        Je suis parfaitement d’accord avec l’idée de viser le coeur, là n’est pas mon problème. En revanche, l’affirmation « nous devons exiger l’obéissance de nos enfants » me heurte profondément.

        • Franck dit :

          Que devrions-nous faire à la place Laurence?

          • Laurence dit :

            C’est justement l’objet de mon questionnement ! Pour le moment, d’après ce que j’ai compris de la Parole de Dieu, je crois qu’en tant que la relation parents/enfants doit refléter celle que j’ai avec mon Pere céleste. Or Dieu n’agit pas en exigeant mon obéissance. Je suis libre de lui désobéir, même si ça l’attriste et que c’est toujours un mauvais choix car ses exigences sont liées à son amour pour moi. Cependant, il m’arrive malheureusement trop souvent de ne pas vouloir me soumettre à sa volonté. Et j’en subis les conséquences……
            Avec mes propres enfants, j’essaye d’agir de cette manière. Je leur explique que ce que je suis mandatée par Dieu pour être une autorité (aimante) dans leur vie mais qu’ils sont libres de s’y soumettre ou pas. En revanche, leur désobéissance entraîne toujours des conséquences….. négatives. Par exemple, lorsque je leur demande de venir à table et qu’ils ne viennent pas après deux rappels, ils attendront le repas suivant. Et je leur redis régulièrement que notre désobéissance à des conséquences et ce depuis la toute première désobéissance de l’humanité. Mais cette conséquence est en lien avec l’acte de désobéissance. L’homme a dû quitter le merveilleux jardin où Dieu l’avait placé car il a délibérément choisi de rompre la relation de confiance établie par Dieu. L’homme ne pouvait donc plus rester dans sa proximité, son intimité, il a été chassé.
            Mais je n’arrive pas à comprendre le fait que, par exemple, donner une fessée à son enfant puisse avoir un lien, faire sens et l’amener à mieux connaître Dieu puisque Lui-même n’agit pas ainsi à mes yeux……
            Je ne sais pas si je suis claire ?

          • Franck dit :

            C’est de plus en plus clair Laurence, pas d’inquiétude ^^.
            Nous reparlerons spécifiquement de la fessée dans quelques chapitres, patience. C’est d’autant plus important que c’est maintenant qu’il faut mettre les choses en ordre dans nos esprits. Construire les bases.

            Je pense à 2 choses qui me semblent confuses dans votre explication. J’essaie de faire court et laisse la possibilité aux autres parents de réagir:

            1. J’entend aussi souvent dire « j’agis avec mes enfants en tant que père comme Dieu est un Père pour moi ». Seulement, je ne pense pas que ce soit sa volonté (cf. chapitre 4 la semaine prochaine). Dieu a un statut unique; il ne rend de comptes à personne, mais nous en demande. C’est Son autorité qui nous est déléguée. De plus, Dieu est esprit, alors que nous avons un corps. Dieu est saint, alors que nous sommes pêcheurs etc. Je ne pousserai pas l’image du Père jusqu’ici personnellement. Nous sommes appelés à être saints comme il est saint, mais jamais parents comme il est Père.

            2. Je vois aussi un soucis dans votre conception des exigences de Dieu et de notre « liberté » de désobéir ou pas. (J’expliquerai dans 2 semaines que c’était ma conception avant de lire le livre).Dans ma compréhension actuelle de l’Écriture, Dieu exige de moi un comportement saint. Il a donné la Loi à son peuple pour lui montrer le chemin d’une vie juste. Et ses exigences saintes, que je ne pourrais finalement jamais satisfaire, me poussent inévitablement à vouloir un sauveur qui me justifiera devant Lui et me délivrera de mon esclavage (et non ma liberté) du péché.
            Comprenez bien : je n’ai jamais le choix d’obéir ou pas; la Bible enseigne plutôt que je suis constamment en désobéissance; soit ouverte (je dis blanc alors que Dieu dit noir) soit subtile (j’agis bien, et tente de m’appuyer sur ma justice et non celle de Jésus pour me justifier).

            Chère Laurence, (maintenant que la semaine 2/5 est sortie je peux dévoiler que) l’appel de la page 79 est clair : soit nous poussons nos enfants à puiser dans leurs propres ressources pour « obéir », soit nous poussons nos enfants vers Dieu.

            De plus, la comparaison entre la première désobéissance et notre état actuel est piégeuse, puisque nos premiers parents n’avaient pas la nature que nous avons aujourd’hui.

            Merci beaucoup pour votre sincère recherche et vos questions très pertinentes, que le Seigneur vous aide à avancer pour sa Gloire et le bonheur de toute la famille.

    • Franck dit :

      En y repensant, et en espérant avoir cerné la question, je vous propose de réfléchir à cette question : peut-on exiger de quelqu’un quelque chose qu’il (nous le savons) n’est pas capable de réaliser ?

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