Quel menu servez-vous le dimanche?

Nous venons pour la plupart de passer du temps autour de la table pour les fêtes. Mais qu'en est-il du reste de l'année? Prenez le temps pour bien démarrer 2017 d'évaluer vos repas du dimanche et laissez-vous interpeller par cet "appel à la digestion" pour prendre un nouveau départ.

Fred le cuisto-prédicateur

Il y a quelques années, Fred est devenu cuisto. Il a monté un très bon resto. En sortant de l’école, il avait des rêves et des projets pleins la tête. Il a commencé à faire une cuisine appliquée, créative et délicieuse. Les clients se pressaient à sa porte pour déguster ses bons plats. Ils tentaient d’en décortiquer les goûts et les saveurs, d’en identifier chaque ingrédient et repartaient avec des souvenirs pleins le ventre, des restes dans des doggy-bags et même des recettes sur des petits bouts de nappe papier.

Malheureusement, la routine et l’enchaînement des services matin/midi/soir a rapidement pris le dessus. Ce qui a fini par lasser notre cuisto Fred. Il a commencé par passer de moins en moins de temps à préparer les aliments. Il doit s’occuper de la paperasse, payer les factures. Il cherche à faire des économies. Il saute ses propres repas et se surprend même aujourd’hui parfois à servir du « réchauffé »! Les clients sont restés assez fidèles, mais ils mangent tellement vite et partent aussi vite qu’ils sont arrivés. Plus de restes, ni de recettes, encore moins de bons souvenirs. Le restaurant gastronomique de Fred est devenu une vulgaire cantine scolaire.

Vous vous reconnaissez peut-être dans le personnage de Fred si vous échangez sa cuisine contre le bureau où vous préparez vos prédications? La question est la suivante: quel genre de cuisine servez-vous dans vos prédications?

1.Est-ce un plat mijoté?

Une erreur courante, peut-être le point de départ du problème, c’est l’application et le temps passé à cette tâche de la prédication. Quelle est votre conviction? Doit-elle être renouvelée pour 2017? Pour vous, la prédication est-elle une tâche parmi tant d’autres pour le « pasteur »? Ou LA tâche par excellence? Qu’est-ce qui, dans votre agenda, a pris le dessus sur l’étude de la Parole dans le but de la prédication? Autrement dit, qu’est-ce qui, selon votre agenda, serait plus efficace pour nourrir les chrétiens de votre assemblée?

Dans la seconde épitre à Timothée, Paul est pourtant clair et solennel (2Tim 4.1,2) en vertu de la portée et de la puissance de la Parole (2Tim 3.15-17). Il ne nous faudrait pas croire qu’une autre tâche puisse remplacer l’efficacité de la Parole. Et même si les clients ne désirent pas cette cuisine de prime abord (2Tim 4.3,4), c’est ce dont ils ont le plus besoin.

2.Est-ce un plat nourrissant?

La question n’est pas de savoir si le « repas » dure assez longtemps ou si les quantités sont suffisantes. Ça, ce sont des questions de cantine. Ce qui nourrit tout le corps, c’est la diversité et la qualité des aliments bien présentés.

-Pour privilégier la diversité, engagez-vous par exemple à la prédication suivie de tous les textes et genres de la Bible.  Si vous choisissez vous-même les menus, vous risquez de tourner en rond et de créer des carences.

-Quand à la qualité, on pourrait croire que le fait de faire les courses au bon endroit (la Bible) suffit, mais ce qui est encore plus important, c’est le respect des aliments et leurs spécificités propres. Le désir d’identifier la cohérence de la pensée d’un auteur biblique et l’enchaînement de ses idées changera définitivement tout à vos prédications. Et le fait de replacer ce que vous comptez servir dans la grande image du plan de salut de Dieu pour l’humanité aura le même effet.

-Enfin, mettez du soin à ce que l’assiette soit claire et bien rangée plutôt que de cacher le manque de cuisson sous la salade. Engagez-vous à travailler la présentation et le service.

3.Avez-vous une culture de la digestion?

C’est peut-être la question qui peut vous donner un nouveau sursaut pour cette nouvelle année. Jusqu’ici, l’image est peut-être jolie, mais il ne faudrait pas que cet article ne laisse place qu’à des vœux pieux. Ce qui a démotivé notre cuisto Fred, c’était la portée de ses repas. Beaucoup d’efforts pour peu de temps à table. Ce qui changera sûrement la donne, c’est le fait de créer une véritable culture de la « digestion » de ces moments de prédication.

Comment pourriez-vous encourager les chrétiens de vos assemblées à revenir sur les ingrédients du dimanche matin? À méditer l’Écriture qui a été exposée pour le dire autrement. En couple? En famille? En groupe de maison? Quelle forme pourrait prendre un moment où vous reviendriez sur les applications personnelles et communautaires imposées par le texte?

Si la prédication n’est pas qu’un one-shot le dimanche matin, notre cuisto-prédicateur mettra naturellement plus de soin à sa préparation. Et vice-versa, l’attention sera portée plus intensément sur ce moment et, surtout, son contenu. Enfin, les transformations de vies n’en seront sûrement que plus ciblées.

Bonne année et bon appétit

Mon souhait pour cette nouvelle année, c’est que les villes de notre pays soient remplies de bons restos qui accueillent tous les Français qui aiment la bonne bouffe, servie par des cuistos fidèles et appliqués qui se nourrissent et ont la conviction du besoin de tous de déguster l’Évangile de Jésus-Christ.

Peut-être que ce souhait peut commencer par la (re)découverte d’une culture du « reste » qui aidera les prédicateurs à mieux préparer et les auditeurs à tirer toujours plus de leur écoute? Quel genre de cuisine servez-vous dans vos prédications?

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Franck Godin

Disciple de Jésus, Franck est marié à Flavie. Ils ont 4 enfants. Après un cursus à l'Institut Biblique de Genève, Franck et sa famille ont rejoint une implantation à Toulouse. Franck a aussi le souci que les graffeurs entendent l'Évangile avec GospelOnWallz.

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