Risen, un film missiologique

Je sors de la projection de La résurrection du Christ (Kevin Reynolds). Voilà ma première impression, ce que j'en ai pensé.

Si tu as peur de te faire spoiler

  • ne lis pas cet article
  • ne regarde pas non plus la bande-annonce
  • d’ailleurs ne lis pas le livre des Actes, ni les Évangiles
  • et puis ne sors pas de chez toi non plus, parce qu’un des disciples de Jésus pourrait, même sans avoir vu le film, te révéler l’intrigue et la fin!

Trêve de plaisanterie, le nouveau péplum américain La Résurrection du Christ (en anglais Risen) est sorti jeudi dernier (et depuis février aux US).

Un film qui satisfait

Comme tous les films qui osent se risquer à mettre en image un récit biblique, il est passé au crible des critiques. D’une part par les chrétiens: le film respecte-t-il le texte inspiré? D’autre part par les non-chrétiens: le film est-il aussi rasoir que le « mythe » original ou contient-t-il les indispensables d’un bon film américain? Chacun a sa grille de lecture, donc les avis sont partagés.

À mon sens, sur ce point, le film est un bon compromis :

  • Il faut aller chercher dans les détails pour trouver des erreurs, des exagérations ou des silences du texte. De toutes façons, l’intrigue est une fiction: l’histoire d’un tribun chargé d’enquêter sur la disparition mystérieuse du nazaréen « Jésus ». La fidélité au texte n’est pas le propos, mais elle est assez réussie.
  • Le film reste « hollywoodien » avec de bons acteurs britanniques comme Joseph Fiennes (vu dans Stalingrad). Pas de scène de nus, mais des combats, des effets spéciaux, et des émotions fortes (comme quand Flavius finit par trouver le nazaréen et ses disciples). Le dernier point est remarquable parce qu’il faut se rappeler que tout le monde est censé connaitre la fin de l’intrigue, donc le film ne pouvait pas vraiment compter sur le suspens pour faire le show.

En résumé, La Résurrection du Christ n’est pas un film extraordinaire. Vous me direz, alors pourquoi se déplacer pour aller le voir? Ce à quoi je réponds: tout simplement parce que même si ce n’est pas LE film de l’année, l’évènement qu’il raconte est, lui, sans pareil. C’est L’évènement.

[Tweet « Allez voir La Résurrection du Christ de Kevin Reynolds »]

En sortant de la salle

Ce qui me pousse à faire la promotion du film, c’est le sentiment avec lequel je suis ressorti de la salle. Difficile à décrire. On ne le dira jamais assez: la résurrection est l’argument principal des disciples de Jésus. La pierre principale de la foi chrétienne. Je me vois très bien y retourner avec une des personnes avec lesquelles je parcours l’Évangile de Jean par exemple.

Pour moi, La Résurrection du Christ est un film qui parle avant tout de la Mission. Et il le fait bien. Au-delà du fait historique de la résurrection, du scepticisme, des martyrs (témoins), etc. le héros se trouve face à un dilemme: s’il croit, alors lui aussi est appelé à devenir un témoin; un faiseur de disciples. Quand j’aurai parlé de la résurrection de Lazare, puis de celle du Seigneur, je donnerai certainement envie à mon ami de poursuivre notre lecture dans les Actes en regardant ce film.

Si vous vous déplacez jusque dans une salle pour le voir, vous pourriez, vous aussi, ressentir ce sentiment bizarre: d’autres personnes à vos côtés se sont déplacées pour le voir. Quelle est leur motivation? Vous vous sentirez peut-être poussés à aller leur parler?

Mes 2 principaux regrets

Je ne peux pas m’empêcher de terminer ce billet sans mentionner 2 ombres au tableau:

  • La première, c’est la date de sortie. Seuls les Américains auront pu voir le film au moment opportun de Pâques.
  • La seconde, plus mystérieuse, est la suivante: ma ville (Aix-en-Provence) fait sa promotion touristique avec le slogan « ville d’eau, ville d’art ». Mais, malgré ses 3 cinémas (Renoir, Cézanne, Mazarin et sans compter l’Institut de l’image) aucune salle ne propose la projection. J’ai dû prendre la voiture et faire plus de 15 km en direction de Marseille pour aller voir un film qui s’est classé 3e au box office.

Et puis je me souviens du dilemme de Clavius, le héros. Si Jésus-Christ est réellement ressuscité, l’évènement a trop de conséquences. Mieux vaut étouffer l’affaire, n’est-ce pas?

Franck Godin

Disciple de Jésus, Franck est marié à Flavie. Ils ont 4 enfants. Après un cursus à l'Institut Biblique de Genève, Franck et sa famille ont rejoint une implantation à Toulouse. Franck a aussi le souci que les graffeurs entendent l'Évangile avec GospelOnWallz.

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  • ii

    Bon film. Bon divertissement et effectivement, de bonnes émotions. À recommander !

    En revanche, les disciples m’ont fait pensé aux nains de la trilogie du Hobbit, on sent bien que se sont pas les mêmes mais leur charisme ne vole pas plus haut qu’un derrière de cochon.
    Et je ne doute pas que la résurrection devait avoir un effet incroyable, indescriptible et euphorisant pour les disciples, mais de là à dépeindre ce pauvre Barthélémy comme un demeuré niais…

    • Franck

      Cher « ii » (merci, mais vous allez devoir renseigner vos réels nom et prénom si vous voulez continuer de réagir).

      Je n’ai personnellement pas été gêné par le portrait peint des disciples, parce qu’en plus du but du film qui ne se cache pas, à mon avis, d’aller plus loin que le texte biblique; cela me semble bel et bien être un motif biblique : le Dieu sauveur tire sa gloire du fait de collaborer avec des êtres pêcheurs et, en général, pas très héroïques, ni charismatiques, courageux ou forts… (le livre des Juges est peut être un des meilleurs exemples de l’AT?)

      Comprenez. À moins qu’à la lecture des Évangiles vous ne puissiez montrer un autre portrait de Barthélémy (Nathanaël en Jn1.47?) il sera difficile de contredire celui du film.

      Plus encore. Notre désir ne devrait pas de réclamer une plus belle image de « ceux qui suivent », ils n’en auraient certainement pas voulu eux non plus, mais plutôt de montrer à quel point cela glorifie Celui qui est suivi, notre glorieux Seigneur.

      Qu’en pensez-vous?

      • ii

        Merci pour la réponse.

        Que Barthélémy réponde de manière si sibylline à Clavius, l’air un peu
        niais m’a un peu attristé. Mais c’est effectivement le choix de
        l’interprétation qu’ont effectué les auteurs.

        Pour le reste : tout à fait ! J’aurai justement aimé voir plus de vulnérabilité dans les disciples. Nous ne sommes que quelques heures après qu’ils aient tous fuis comme des lapins, que Pierre l’ait renié etc. D’ailleurs, la scène inspirée de l’épilogue de Jean : « Pierre, m’aimes-tu ? » manquait à mon goût de puissance et seul l’initié comprendra le lien avec le reniement précédent.

        Si notre but premier est bien sûr de révéler aux autres la gloire du Christ ressuscité, on a pour autant le droit de s’émouvoir si on estime (choix personnel et subjectif) que le biais, le moyen, aurait pu être un poil améliorer même si j’ai conscience de m’attarder aux bagatelles et que là n’est pas le plus important.

        🙂

  • Carine Chrys

    J’ai suivi le film (à l’instant) et je suis revenue lire le billet …c’est vrai que je faisais beaucoup attention à la cohérence des scènes avec les Ecritures etc n’empêche que wow est le mot qui m’est venu à plusieurs scenes…non pas à cause des effets ou répliques des acteurs mais à la prise de conscience de certains aspects, bref mon sentiment est indescriptible. Le Film m’a encore fait réaliser combien de fois il est important pour nous d’aller et d’annoncer la bonne nouvelle. Regarder ce film avec des amis (non croyants ou pas) serait une belle occasion d’échanger…c’est dommage qu’ au Congo Brazzaville où je me trouve le film n’est pas vraiment connu et c’est avec plaisir que je le recommanderai tout autour de moi. Merci pour l’article et vos points de vue§