Une contradiction apparente dans le livre des Actes

J'ai récemment donné mon humble avis sur une contradiction apparente du livre des Actes sur le groupe #Transmettre.

Simple retranscription. Avez-vous un avis (étayé bibliquement) sur la question ?

La question

Il semble qu’à quelques versets d’intervalle, entre Ac 20.22,23 et Ac 21.4, l’Esprit pousse ou retienne Paul d’aller à Jérusalem. Est-ce contradictoire?

Qu’est-ce-que ça change?

Je ne citerai pas le nom de mon proche qui m’a demandé « qu’est-ce-que ça change? ». Mais au delà de la gymnastique cérébrale, si cette contradiction était réelle, cela voudrait dire que l’Esprit n’est pas digne de confiance. Que Dieu se trompe ou change d’avis alors que la vie de l’apôtre Paul est en jeu? Que l’Écriture n’est pas digne de confiance?

Ma tentative de réponse

Je ne pense pas que Dieu se contredise, encore moins ici. Si on retrace le récit, le Saint Esprit a certainement parlé par ses prophètes à Paul de ville en ville pour l’avertir de ses liens et souffrances à venir (Ac 20.23). Paul, connaissant le Christ et son appel (Mc 8.35), est allé au devant de cette fin. Dans la suite de son périple, les prophètes de Tyr (Ac 21.3) peuvent avoir reçu exactement le même message (souffrances et liens attestés) mais transmis une conclusion différente : la fuite.

Ce qui me fait dire ça

Ce qui me fait penser à une mauvaise interprétation de la part des prophètes de Tyr, c’est la suite du chapitre 21 :

-Ac 21.10,11 : on retrouve la prophétie qui atteste des liens et des souffrances de Paul s’il continue son périple à Jérusalem

-Ac 21.12 : la réaction épidermique des croyants présents

-Ac 21.13 : la défense de Paul, qui rappelle celle de son maître en Mc 8.31-33

-Ac 21.14 : la résiliation à la volonté divine qui s’avèrera être celle annoncée par l’Esprit.

 

L’Esprit de Dieu sait très bien ce qu’il veut en fait. Encore un rappel de l’appel de Jésus pour tous ses disciples qu’on retrouve en Mc 8.34-38 et que je paraphrase ici :

« Si quelqu’un veut être comme moi, qu’il s’oublie, accepte de souffrir. Écoutez-moi et faites-moi confiance plus qu’à votre intuition. Parce que c’est la seule voie efficace pour obtenir la vie éternelle et échapper au jugement ».

 

Franck Godin

Disciple de Jésus, Franck est marié à Flavie. Ils ont 4 enfants. Après un cursus à l'Institut Biblique de Genève, Franck et sa famille ont rejoint une implantation à Toulouse. Franck a aussi le souci que les graffeurs entendent l'Évangile avec GospelOnWallz.

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  • bibletude .org

    Les deux fois, c’est de toute évidence l’Esprit qui parle, mais il semble effectivement que les disciples ne veulent pas que Paul ait à souffrir, c’est pourquoi ils l’exhortent à ne pas aller à Jérusalem. Paul, quant à lui, est bien conscient de ces souffrances à venir, mais il va au-devant d’elles, « lié par l’Esprit ».

    On peut expliquer de plusieurs manières le fait que les disciples ne veuillent pas que Paul ait à souffrir:
    1. réaction selon le vieil homme (émotionnelle) ?
    2. dépendance vis-à-vis de Paul (bébés spirituels) ?
    3. un amour pour Paul tel qu’il leur fait oublier que tout vrai disciple devra un jour ou l’autre souffrir ?

    J’opterais pour la 3ème explication, bien qu’un mélange des trois ne soit pas exclu.

    Un correctif : vous citez à 3 reprises Actes 20 au lieu d’Actes 21 (20:12 20:13 20:14).

    • bibletude .org

      La question que l’on peut se poser : comment réagirions-nous, dans le même cas de figure que celui vécu par les disciples ?

      Ou encore : si nous étions dans la même situation que Paul, que ferions-nous ?

      PS : merci d’avoir corrigé les références bibliques

      • Franck

        Merci pour votre contribution intéressante.

        Au niveau des applications, je serai plus frileux de poser les questions « si j’étais à la place d’un prophète/chrétien/Paul, qu’aurais-je fais? » parce que je ne pense pas que c’était l’objectif de l’auteur des Actes.
        Aussi parce que les Actes des apôtres est un texte narratif qui relate une époque bien spécifique de l’Histoire de la Rédemption.

        Cependant, il est vrai que cet épisode nous apprend beaucoup sur l’appel du disciple de Jésus (Mc8.34-38) et notamment notre propension naturelle à refuser de « porter sa croix ».
        Il peut nous rendre sensible à notre interprétation de la Parole de Dieu, rend compte de la pratique de la prophétie néo-testamentaire, …

  • bibletude .org

    Je vois que vous avez corrigé les références bibliques.

    Concernent les contradictions apparentes, en voici une autre: Jean 4:44 (2 contradictions).

    Voici ce que la Bible Annotée dit de Jean 4:44 concernant ces 2 contradictions :

     »
    Voici un de ces passages qui ont donné aux interprètes une peine infinie.

    L’évangéliste raconte le retour de Jésus en Galilée et il motive ce retour (« car ») en rappelant un proverbe que Jésus avait cité et qui apparaît bien plutôt comme une raison contre ce retour en Galilée. Première contradiction.

    Puis il rapporte, comme une conséquence de ce dicton, (« donc », verset 45) que Jésus fut bien reçu des Galiléens. Seconde contradiction.

    Nous ne citerons que les principales tentatives faites pour aplanir ces difficultés. Qu’est ce que la patrie de Jésus mentionnée dans ce proverbe ? Plusieurs répondent : La Galilée. Jésus s’y rend, parce qu’il sait qu’il n’y obtiendra pas de succès, mais il cherche soit la lutte (Weiss), soit la retraite (Luthardt, Holtzmann, Schlatter).

    Cette explication revient à changer le « car » en « quoique » (comme le fait la traduction fautive d’Ostervald), et elle rend incompréhensible le « donc » du verset 45.

    Meyer pense que Jésus, sachant qu’en sa qualité de prophète il ne serait pas dès l’abord honoré dans la Galilée, sa patrie, avait commencé par chercher cet honneur au dehors, à Jérusalem, en Judée. Son calcul ne le trompa pas il fut ensuite (« donc ») bien reçu des Galiléens, parce qu’ils avaient vu ses miracles a Jérusalem. (verset 45)

    Cette explication, très admissible est adoptée, avec quelques modifications, par Astié, Reuss, M. Godet. D’autres, depuis Origène jusqu’à Baur, Ebrard et Keil, croient que, dans la pensée de Jean, la patrie de Jésus était la Judée, où il était né, et que, n’y ayant pas été honoré, il retournait en Galilée.

    Cette idée est contraire à toutes les données du Nouveau Testament qui désigne Nazareth en Galilée comme la patrie de Jésus.

    C’est même sur ce fait qu’un grand nombre d’interprètes se fondent pour proposer une quatrième explication de notre passage. Ils entendent par la Galilée, où Jésus retournait, cette province dans son ensemble à l’exclusion de Nazareth, ou Jésus ne voulait pas aller. Ainsi s’expliquerait le motif (« car »), invoqué par l’évangéliste, et la citation de ce proverbe, que Jésus avait réellement prononcé à Nazareth et au sujet de Nazareth. (Luc 4.23,24)

    En outre, bien que Jésus fût vulgairement appelé Galiléen, (Matthieu 26.69) nulle part le Nouveau Testament ne lui donne cette province pour patrie, mais constamment Nazareth. (Matthieu 13.54,57 ; Marc 6.1,4 ; Luc 4.16-30 ; Jean 1.46 ; 19.19)

    Pourquoi l’expression : sa propre patrie n’aurait-elle pas le même sens dans la pensée de Jean ?

    On objecte que Jésus se rendit bientôt à Cana, qui n’était pas très éloigné de Nazareth, (verset 46) mais Jean lui-même indique assez clairement, dans ce verset, que Jésus avait autant de motifs de retourner à Cana qu’il en avait peu d’aller à Nazareth. Cette explication, admise par Erasme, Calvin, Bèze, Bengel, Olshausen, Hengstenberg et d’autres, est peut-être la plus simple de celles qu’on a proposées.
    «